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Regard sur Je suis mort mais j'ai des amis, des frères Malandrin

ML

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Marie-Luce Liberge : Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis

Résumé de la communication

Freud, dans L'inquiétante étrangeté et autres essais, évoque l'humour comme une capacité de dépassement de la souffrance qui relève d'une certaine dignité. A la différence du Witz, que l'on traduit en français par mot d'esprit, qui, explique-t-il, sert à générer du plaisir ou produire de l'agressivité, l'humour serait cette potentialité humaine liée à l'expressivité d'une force en présence face aux difficultés. Freud prend, pour illustrer son propos, l'exemple d'un condamné à mort sur le point d'aller à la potence qui se met à ironiser sur son sort : « Eh bien la semaine commence bien !» dit-il sur le point de se faire exécuter. Si l'autodérision quant à sa propre mort semble rare au cinéma, l'humour face à la mort des autres semble plus prégnante. Le film Je suis mort mais j'ai des amis des frères Malandrin relate l'histoire de rockeurs quinquagénaires décidés à partir en tournée à Los Angeles avec les cendres de leur chanteur. Il s'agira de montrer de façon descriptive et analytique comment, dans ce film, se voient questionnés le thème du dépassement et la dialectique dignité et révolte. Seront traités : les mécanismes de distanciation et le rôle de l'accident, la prégnance de l'absurde, la rythmique du film et la force dramaturgique des personnages qui, pris dans leur excès et leur fragilité face à la mort, tracent un cheminement intérieur et cherchent un sens.

Résumé du colloque

À première vue, l’humour et la mort ne présentent pas de points de rencontre. Comment peut-on rire d’un événement aussi tragique que la disparition de soi ou d’êtres chers? Les modalités complexes du deuil, les affects de tristesse et de chagrin suggèrent qu’un décès s’accompagne d’émotions fortes qui ne laissent que peu de place à la légèreté et à la plaisanterie. À l’inverse, l’humour peut être source de réactions extrêmes pouvant aller jusqu’à la violence et au meurtre. L’exemple des caricatures de Charlie Hebdo et de la fusillade qui a entraîné la mort de plusieurs dessinateurs de ce journal suggère que la raillerie, l’ironie et la satire ne sont pas appréciées quand elles s’attaquent à des sujets porteurs de valeurs considérées comme absolues. Les relations entre ces deux ordres, mort et humour, n’ont pas encore fait l’objet d’une réflexion critique et empirique et, dans cette perspective, le colloque présenté par la revue Frontières, une revue qui porte sur les enjeux de la mort, vise à aborder cette problématique à partir d’un point de vue interdisciplinaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Patrick Bergeron
section icon Date : 9 mai 2016

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