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Elisabeth Otto : Université de Montréal
Dans le cadre du programme Artiste en résidence du Musée McCord, l'artiste algonquine multidisciplinaire Nadia Myre a revisité la collection. Son exposition, Decolonial Gestures or Doing it Wrong ? Refaire le chemin, s'inspire de périodiques féminins de l'époque victorienne dans lesquelles on retrouve des instructions pour confectionner des objets d'inspiration autochtone. Se faisant lire à haute voix ces instructions mais sans savoir à quels objets elles réfèrent, l'artiste a ré-imaginé de nouveaux objets qu'elle expose avec des artéfacts de la collection ethnologique du Musée. Refaire des objets décontextualisés, car ayant perdu leur authenticité au moment de leur acquisition et au cours du 19e siècle, illustre la difficulté de reconstituer un héritage culturel perdu. La revitalisation des pratiques matérielles et des anciennes techniques, appropriées par la société victorienne, devient ici un geste « décolonial » en tant que processus de réappropriation d'une identité autochtone. Cette exposition de Nadia Myre est un cas de figure exemplaire pour découvrir comment une intervention artistique peut créer un évènement visant à réactualiser la collection. Cette conférence démontre comment les efforts muséales d'une décolonisation de sa collection établie dans l'ère colonial doivent être accompagnés par une réappropriation des pratiques culturelles par l'artiste autochtone.
On observe depuis peu dans les musées d’art un nouvel intérêt pour les collections. Celui-ci survient après plusieurs décennies au cours desquelles les expositions temporaires semblaient représenter la seule possibilité pour attirer l’attention sur les activités muséales. Malgré cette inflation autour de l’exposition, de plus en plus de musées développent de nouvelles façons de mettre en valeur et de réactualiser leurs collections : « carte blanche » à des artistes ou à des personnalités de renom, insertion d’œuvres ou d’expositions contemporaines dans des salles historiques, mise en vedette d’une œuvre ciblée ou d’une acquisition exceptionnelle, grand projet architectural nécessitant un redéploiement des collections. Ce sont là quelques-unes des stratégies qui inscrivent l’événement au cœur des collections muséales. Mais quelle est cette nouvelle relation entre collection et événement? Qu’est-ce qui caractérise la notion d’événement et sa migration dans le champ de la muséologie? Quelle serait la contribution de cette production événementielle au développement et à la mise en valeur des collections? Peut-on parler d’un nouveau paradigme et, dans un tel cas, où se situe son moment d’émergence? Ce colloque souhaite réunir des chercheurs universitaires et des professionnels des musées pour réfléchir à ces nouveaux usages des collections. Il vise autant à définir l’événementiel dans le champ de la muséologie qu’à en recenser les usages dans les collections, à les classer et à les étudier dans leur manifestation singulière.
Ce colloque s’inscrit dans les activités du groupe de recherche et de réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections). CIÉCO mène ses travaux avec l’appui du CRSH, dans le cadre d’un projet de développement de partenariat qui réunit l’Université de Montréal, l’UQAM et l’UQO ainsi que le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.
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