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Stock lexical et contrôle de l'orthographe grammaticale : entente ou mésentente?

TG

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Thierry Geoffre : Haute école pédagogique Fribourg

Résumé de la communication

Sur la base du modèle de Seymour (1997, 2008), nous avons proposé une modélisation dynamique de la transition entre étape orthographique et étape morphographique pour prendre en compte les spécificités de l'acquisition de l'orthographe grammaticale (Geoffre, 2013, 2015). Ce modèle conserve le lien avec le stock lexical établi par Seymour. Nous posons l'hypothèse que l'absence de connaissance d'une flexion particulière peut gêner l'ajout de marque(s) au moment d'écrire et induire une forme non normée. La base Manulex fait apparaitre que les flexions au féminin pluriel des participes adjectivaux sont plus rares alors qu'elles portent deux marques morphogrammiques et requièrent un traitement grammatical complexe. Notre étude porte sur un test proposé à des élèves de 8 à 11 ans scolarisés en milieu ordinaire ou en classe de langue (dyslexiques ou dysorthographiques). Elle cherche à mettre en évidence l'existence d'une relation entre la non-connaissance de flexions adjectivales et des choix orthographiques erronés en situation de dictée (l'élève identifie-t-il des flexions rares comme possibles, peut-il les employer dans une dictée?) et à évaluer si une erreur d'accord peut s'expliquer partiellement par un doute trop important face à une flexion inconnue produite par l'ajout des marques plutôt que par le seul oubli de celles-ci. Il deviendrait alors particulièrement intéressant de multiplier les entrées permettant à un élève de percevoir l'ensemble des écritures possibles d'un même mot.

Résumé du colloque

Lire ou écrire un mot requiert que le lecteur-scripteur accède en mémoire à sa forme abstraite, appelée « représentation lexicale » (Apel, 2009; Bonin, 2013; Daigle et al., 2013). Les représentations lexicales sont un ensemble de connaissances phonologiques, morphologiques, visuelles et sémantiques rattachées à des mots qu’un lecteur-scripteur a emmagasinées dans son lexique mental (Coltheart et al., 2001; Plaut, 2011), et leur qualité détermine, dans une certaine mesure, les compétences en lecture-écriture (Ferrand, 2007; Perfetti, 2007). Leur évaluation est un objet de réflexion important dans les milieux scolaires et ceux liés à la recherche. Évaluer les représentations lexicales nécessite, de la part des chercheurs, de mieux définir celles-ci et constitue un défi pour les intervenants qui doivent soutenir leurs élèves dans l’atteinte d’un niveau de compétence écrite nécessaire à leur réussite dans toutes les disciplines. Chercheurs et intervenants doivent constamment se demander si le dispositif utilisé pour évaluer les représentations lexicales répond à leurs objectifs. Le chercheur doit aussi veiller à choisir celui qui permettra à l’élève et aux intervenants de bénéficier des résultats de son évaluation (ceux-ci devant être transformés en objets didactiques ou orthodidactiques). Ce colloque a donc pour but de présenter des dispositifs d’évaluation et des cadres méthodologiques permettant de mesurer les représentations lexicales issues de travaux scientifiques récents qui concernent des contextes divers (dictée-dictée à trous, production écrite guidée-libre, tâche écrite-orale) et visent des objets variés (propriétés formelles des mots, orthographe lexicale-grammaticale). L’étude de la pertinence de ces dispositifs d’un point de vue scientifique et professionnel contribuera à nourrir la réflexion des chercheurs et des intervenants quant à leur impact sur les pratiques enseignantes et la création de dispositifs d’évaluation destinés aux milieux scolaires.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 9 mai 2016

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