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Nina Woll : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Les apprenants multilingues semblent développer une conscience métalinguistique (MLA) accrue qui faciliterait l'apprentissage de langues subséquentes. Cependant, le défi méthodologique de déterminer, à la fois l'usage pertinent d'une langue cible en tant que résultat d'une influence translinguistique et d'établir le rôle crucial de la MLA dans l'activation de structures reliées à travers différentes langues, demeure.
La présente étude avait pour but d'examiner le rôle de la MLA dans le transfert positif d'une L2 vers une L3. La MLA a été examinée sous deux angles. D'un côté, le Test d'habiletés métalinguistiques (Pinto & El Euch, 2015) a permis d'en évaluer une dimension réflexive par rapport à la L1 des apprenants. D'un autre côté, les participants ont produit des protocoles oraux lors d'une tâche de traduction de l'allemand (L3) vers le français (L1). Une analyse qualitative de ces verbalisations a permis d'établir des niveaux d'analyse métalinguistique, reflétant une dimension appliquée de MLA.
Même si les mots inconnus en allemand (L3) pouvaient être traduits correctement à l'aide d'une intuition basée sur la similarité formelle avec un cognat anglais (L2), des niveaux plus élevés d'analyse et d'explicitation des structures de la langue cible mis en lien avec des langues précédemment acquises menaient le plus souvent à une bonne traduction. Dans ce contexte d'apprentissage, la dimension appliquée de la MLA s'est avérée le meilleur prédicteur du transfert positif.
Au cours des dernières décennies, nombreux sont les travaux de recherche portant sur la réflexion métalinguistique, qui consiste en « une activité de réflexion sur le langage et son utilisation » (Gombert, 1991). Ces recherches, menées autant en langue première que seconde, interrogent non seulement les capacités métalinguistiques des apprenants, mais aussi la pertinence ainsi que la manière de tenir compte et de développer ces capacités en contexte d’enseignement et d’apprentissage de la langue, notamment en ce qui touche la grammaire.
Le colloque « Réflexion métalinguistique et apprentissage de la grammaire en langue première et seconde » propose de se questionner sur les points de convergences et les points de divergences dans la réflexion métalinguistique pour l’enseignement et l’apprentissage de la grammaire en langue première et seconde. Plus précisément, les communications pourront nourrir la réflexion liée à l’une ou l’autre des questions suivantes :
1. Quel(s) rôle(s) occupe la réflexion métalinguistique pour l’apprentissage de la grammaire? Ce rôle ou ces rôles sont-ils les mêmes pour l’apprentissage de la langue première ou seconde?
2. Quel portrait peut-on faire de la capacité de réflexion métalinguistique des élèves en langue première et seconde? Leur réflexion métalinguistique soutient-elle l’apprentissage de la grammaire en langue première ou en langue seconde? Dans quelle mesure et/ou comment?
3. Quelles pratiques d’enseignement favorisent la réflexion métalinguistique en langue première ou seconde? Ces pratiques sont-elles les mêmes en langue première ou seconde?
Titre du colloque :