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Marilie Labonté : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dès la fin des années 1980 et le début des années 1990, des Fred Wilson, Marc Dion et Andrea Fraser se sont grandement intéressés à la fois à l'histoire des musées et à leur fonctionnement critiquant quelquefois les pratiques de ces institutions par leurs œuvres. Néanmoins, quoiqu'il puisse s'agir d'un point de départ, les artistes ne sont pas les seuls à avoir lancé un phénomène qui semble s'étendre, et ceci depuis les cinquante dernières années au sein des institutions muséales, soit les interventions d'artistes à l'intérieur des collections historiques. Les musées mêmes deviennent rapidement les instigateurs de tels évènements invitant en grand nombre les artistes à revisiter, par leur regard et leurs œuvres, les collections jugées de plus en plus insignifiantes à travers une marée d'expositions temporaires envahissant les musées de tous types.
Une recherche historique réalisée à l'aide de diverses sources populaires, scientifiques et muséales a permis d'effectuer un premier repérage des interventions d'artistes dans les collections. Observant et rassemblant les exemples de ce type d'intervention, il a été possible de mesurer l'ampleur du phénomène ainsi que sa diversité, et ceci, dans plusieurs pays. D'un bref historique vers une classification du phénomène, cette présentation vise à questionner les institutions muséales qui ont recours à des artistes contemporains dans leurs collections et à observer l'impact de ces interventions dans les musées.
On observe depuis peu dans les musées d’art un nouvel intérêt pour les collections. Celui-ci survient après plusieurs décennies au cours desquelles les expositions temporaires semblaient représenter la seule possibilité pour attirer l’attention sur les activités muséales. Malgré cette inflation autour de l’exposition, de plus en plus de musées développent de nouvelles façons de mettre en valeur et de réactualiser leurs collections : « carte blanche » à des artistes ou à des personnalités de renom, insertion d’œuvres ou d’expositions contemporaines dans des salles historiques, mise en vedette d’une œuvre ciblée ou d’une acquisition exceptionnelle, grand projet architectural nécessitant un redéploiement des collections. Ce sont là quelques-unes des stratégies qui inscrivent l’événement au cœur des collections muséales. Mais quelle est cette nouvelle relation entre collection et événement? Qu’est-ce qui caractérise la notion d’événement et sa migration dans le champ de la muséologie? Quelle serait la contribution de cette production événementielle au développement et à la mise en valeur des collections? Peut-on parler d’un nouveau paradigme et, dans un tel cas, où se situe son moment d’émergence? Ce colloque souhaite réunir des chercheurs universitaires et des professionnels des musées pour réfléchir à ces nouveaux usages des collections. Il vise autant à définir l’événementiel dans le champ de la muséologie qu’à en recenser les usages dans les collections, à les classer et à les étudier dans leur manifestation singulière.
Ce colloque s’inscrit dans les activités du groupe de recherche et de réflexion CIÉCO (Collections et impératif événementiel/The Convulsive Collections). CIÉCO mène ses travaux avec l’appui du CRSH, dans le cadre d’un projet de développement de partenariat qui réunit l’Université de Montréal, l’UQAM et l’UQO ainsi que le Musée d’art de Joliette, le Musée des beaux-arts de Montréal et le Musée national des beaux-arts du Québec.
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