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Nora Butler Burke : Université Concordia
Les femmes trans ont été historiquement marginalisées au sein de la recherche sur le VIH au Canada — mal classés, catégorisées comme « difficiles à rejoindre », ou ignorées. À l'international, la connaissance institutionnelle et académique sur les femmes trans et le VIH se concentre sur des données de santé publique, et a identifié les femmes trans (en particulier les travailleuses du sexe migrantes et racisées) comme groupe à haut risque, vecteur du VIH et sujet à une mort prématurée. Le rôle des institutions de l'État, les conséquences de la violence structurelle et les stratégies de résistance sont rarement pris en compte. Les recherches communautaires tendent à se limiter à l'accès aux soins, à la prévention du VIH et au soutien par les pairs.
Cette présentation fera valoir le besoin urgent de redéfinir les priorités de recherche et d'intervention sur les femmes trans et le VIH. Que peut-on apprendre quand les réseaux communautaires informels, le travail de première ligne et le militantisme servent comme points d'entrée dans nos recherches? Comment les connaissances collectives et les expériences quotidiennes des femmes trans marginalisées peuvent-elles nourrir notre compréhension du travail du sexe, de la migration et de la loi? Une présentation des recherches en cours sur les effets des mesures d'immigration punitives sur les femmes migrantes trans permettra d'explorer des stratégies pour redéfinir les priorités et les pratiques de recherche au Canada.
La recherche en partenariat, sous l’action combinée des groupes sociaux traditionnellement objets d’étude et des bailleurs de fonds, occupe un rôle croissant dans de nombreux domaines de recherche en santé et en sciences sociales, dont la recherche sur le VIH/sida. Une étape logique de l’histoire du partenariat fructueux avec le milieu universitaire et du renforcement des capacités des acteurs de terrain est, d’une part, l’émergence de projets de recherche menés en grande partie par le milieu communautaire. D’autre part, des réseaux communautaires d’échanges locaux, régionaux et internationaux créent des dynamiques de circulation des expériences et des savoir-faire. Il en résulte un foyer d’innovation en recherche qui est caractérisé par l’interdisciplinarité des approches, la prégnance des revendications politiques ainsi que des tensions entre institutionnalisation et militantisme. Les enjeux éthiques de représentativité des populations minorisées et d’utilisation rapide des résultats de recherche pour le changement social (ou la structuration de l’action communautaire) sont débattus avec plus d’urgence au cours des projets. Enfin, les paramètres d’une coopération scientifique multilatérale (et non seulement entre l’université et la communauté) sont renégociés régulièrement, notamment par de nouveaux chercheurs et membres de la relève. L’ensemble de ces enjeux peinent à être étudiés de la perspective des actrices et acteurs communautaires en recherche eux-mêmes. Ce colloque vise à pallier ce manque et à décrire les échanges communautaires panaméricains passés et actuels en matière de recherche sur le VIH/sida tout en proposant une réflexion critique sur ce champ d’action à la croisée des chemins.
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