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Håkan Forsberg : Uppsala universitet
L'année scolaire de 2011, la valeur économique totale des cartes scolaires dans l'enseignement secondaire dans la région de Stockholm représentait environs de 8.5 milliards de couronnes suédois, soit 0.85 milliards Euros, pour lesquelles des lycées ´publics et privées faisaient la compétition. La compétition des lycées pour attirer des élèves, et celle des lycéens pour entrer dans leurs lycées de préférence, s'est cristallisée dans un marché éducatif segmenté pour lesquels les familles avec des ressources différentes développent des stratégies compétitives. Une 'analyse quantitative dévoile la structure de l'espace social dans lequel le marché scolaire opère. Des entretiens avec des directeurs de lycée révèlent l'existence des stratégies différentes vis-à-vis le marché. Les lycées orientés vers le marché emploient une stratégie de promotion systématique et stable de leur marque à travers du marketing, se distinguant des lycées exposés au marché qui contrebalancent les effets négatifs de leurs positions marginales et fragiles par changer régulièrement leur marque selon les fluctuations du marché. Par contraste, les lycées d' élites prennent leur distance á tous signes de liaison aux mécanismes de marché, mettant à front plutôt l'aspect de culture générale (Bildung) de l'éducation qu'ils offrent.
Les tendances à la marchandisation et à la privatisation de l’éducation sont des caractéristiques communes à de nombreux pays (Ball et Youdell, 2008; Daun, 2004; Levin, 1998). Les marchés de l’éducation sont désormais définis par une relation de service « fournisseur-client » entre l’institution, l’organisame ou l’entreprise dispensant l’éducation et ses utilisateurs, à savoir principalement les élèves, les étudiants et leur famille. Un rapport de concurrence sur le marché s’instaure et laisse une liberté de choix pour les consommateurs d’école.
Le marché de l’éducation impose de nouvelles conditions de travail aux enseignants. Car les écoles axées vers le marché choisissent souvent de créer des concepts pédagogiques qui sont lancés comme potentiellement supérieurs à leurs concurrents et auxquels les enseignants doivent s’adapter, indépendamment de leur compétence et leur expérience professionnelle (Forsberg, 2015). Dans le même temps, la marchandisation peut rendre possible différentes traditions pédagogiques « alternatives », comme par exemple les pédagogies inspirées par Montessori, Steiner ou Freinet. En d’autres mots, les marchés de l’éducation permettent de diversifier l’offre éducative tout en normalisant une partie de l’offre pédagogique. Un aspect important de l’impact des marchés de l’éducation sur le travail des enseignants consiste à savoir jusqu’à quel point les écoles, en tant qu’organisations, s’adaptent à des modèles de fonctionnements managériaux empruntés aux entreprises commerciales. De tels changements peuvent induire des transformations plus profondes de la compétence et du rôle dévolus à divers types de personnel.
L’objectif de notre colloque est d’abord de faire un état des lieux international et d’avoir une approche compréhensive sur les conséquences de la mondialisation de l’école et sa marchandisation afin de déterminer par la suite une problématique commune.