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Julie Burelle : University of California, San Diego
On assiste depuis 30 ans à l'émergence dans la sphère publique d'un théâtre contemporain autochtone riche et engagé. La metteure en scène Yvette Nolan (Algonquine/Métis), associe ce théâtre à « une cérémonie de guérison, de mémoire, et de survivance », permettant aux communautés non seulement de retisser des liens entre elles, mais également entre le passé (les ancêtres) et le présent, et de se réapproprier des savoirs dont la transmission souvent orale fut interrompue par les tentacules du projet colonial de peuplement. S'appuyant sur plusieurs œuvres récentes, cette présentation propose donc une réflexion sur les limites de l'empathie allochtone qu'illumine le théâtre autochtone contemporain, et sur la nécessité de développer des cadres de réception robustes, autocritiques, et en conversation avec les savoirs et approches théoriques autochtones, afin de s'interroger sur ce théâtre dont la fonction cathartique exige et dépend d'une redéfinition structurelle et éthique du projet sociétaire canadien.
Présent partout dans les Amériques (et aussi au-delà), le mouvement de renaissance des cultures autochtones se manifeste dans divers domaines, mais particulièrement dans les arts, comme le théâtre, le cinéma, la musique, la littérature (romans et poésie), la peinture et la sculpture. Prenant appui à la fois sur des aspects traditionnels et historiques des Premières Nations, cette renaissance culturelle table également sur les moyens d’expression les plus contemporains pour prendre forme.
Cette renaissance autochtone, au-delà de ses caractéristiques culturelles, possède également des échos sur les plans social et politique, à la fois auprès des populations autochtones elles-mêmes et des sociétés plus larges dans lesquelles celles-ci évoluent. Mais comment se présentent alors les enjeux et défis de la renaissance des cultures autochtones au sein de notre société? Quels en sont les tenants et aboutissants du point de vue des transformations qu’elle implique (pour les autochtones et les non-autochtones) et de la reconnaissance qu’on lui accorde? Comment les sciences humaines (sociologie, anthropologie, études littéraires, cinématographiques, musicologiques, etc.) se situent-elles par rapport à la reconnaissance de la renaissance autochtone? Et quelle position doivent-elles adopter, du point de vue méthodologique, théorique et même épistémologique, afin de permettre que cette reconnaissance ne soit pas seulement un nouvel avatar de la domination qu’elles ont souvent exercée vis-à-vis de populations autochtones? Quelles sont les implications logiques, éthiques et esthétiques de la reconnaissance d’une renaissance autochtone se produisant au sein de nos sociétés?
C’est à ce genre de questions que notre colloque voudrait s’ouvrir, en présentant les contributions de chercheurs intéressés par la manière de contribuer à une reconnaissance équilibrée de la renaissance autochtone.
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