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Blessures consenties, cicatrices exposées chez Michela Marzano : dénoncer la manufacture du corps humain

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Eftihia Mihelakis : Brandon University

Résumé de la communication

Dans le sillage des discours actuels autour du déni de la faiblesse ou de la fragilité au profit de la réussite, de la productivité et du culte de la toute-puissance, il se trame une question fondamentale qui porte sur les limites du corps humain. Dans Légère comme un papillon (2012a), Michela Marzano quitte le terrain de la philosophie et fait le récit de son anorexie pour dénoncer le culte nocif de la réussite. Elle déplie ainsi les lieux de sa souffrance.

Marcela Marzano identifie en outre une question fondamentale : « dans un univers où tout s'accélère et se dématérialise, l'enveloppe corporelle que la nature nous a léguée paraît de plus en plus décevante : le corps semble un fardeau qui nous empêche non seulement d'être efficace, compétent et performant, mais aussi de pouvoir nous épanouir. » (2012b) De telles considérations sont-elles suffisantes pour s'affranchir réellement des limites du corps et en finir avec la vulnérabilité qui semble être une des conditions primordiales de notre humanité (Burler, 2010) ? Peut-on en finir une fois pour toute avec la vulnérabilité comme semble le faire Orlan qui se façonne un corps non-conforme, un corps post-humain ?

Au cours de cette communication, nous interrogerons les dispositifs poétiques et politiques de la blessure consentie. Il s'agira d'interroger les limites et les potentialités de cette souffrance infligée pour voir si le savoir, la science, nous permet vraiment de triompher du corps.

Résumé du colloque

Ce colloque s’attache aux représentations de la vulnérabilité dans des textes de femmes d’expression française du tournant du siècle pour penser les formes et figures données à la précarité et à la catastrophe, et à la charge politique ou esthétique de ces représentations dès lors qu’elles sont vecteur de transformation. Catastrophe et précarité sont ici deux versants d’un même bouleversement ou d’une même dégradation pouvant s’inscrire dans un rapport de causalité et de complémentarité ou de concurrence et d’opposition. Elles évoquent une violence fondamentale, originelle ou fondatrice, ponctuelle ou systémique ainsi qu’une blessure accidentelle ou intrinsèque qui finissent par devenir les marques d’une posture appelant à des reconfigurations de la subjectivité et de la communauté. Loin de tout essentialisme, la vulnérabilité s’entend au sens d’une condition sociale et politique, voire philosophique et esthétique qui « implique la vie sociale, c’est-à-dire le fait que la vie de quelqu’un est toujours en quelque sorte aux mains d’autrui » (Butler, 2010). De même, la catastrophe comme cataclysme se déploie dans l’horizon d’un anéantissement qui viendrait violemment remettre en question la permanence des structures, des subjectivités et des représentations.

Les réflexions féministes et littéraires sont les perspectives privilégiées par lesquelles les modalités de la mise en discours de la catastrophe et de la précarité seront analysées, autant dans leurs représentations que dans leurs remémorations lorsque l’événement ou l’expérience s’inscrivent dans le passé ou la durée. Seront envisagées des formes variées de la vulnérabilité, de la violence événementielle ou systémique jusqu’aux enjeux littéraires du care (sollicitude), en passant par l’émergence particulière du féminin, les postures de contestation ou d’affirmation, les mécanismes de révolte ou de résistance, voire la violence des sujettes qui précipitent la catastrophe, les postures de résistance se jouant de la précarité.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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