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Virginie Lecourt : Institut catholique de Paris
La recherche en sciences sociales est une recherche qui s'intéresse à la manière dont les praticiens exercent leur métier, se posent des questions, prennent des décisions ou encore développent leurs activités de façon très concrète. Son objectif est d'essayer de comprendre ce qui se passe sur le terrain, d'en tirer des analyses, et parfois d'aller jusqu'à élaborer des théories. Les praticiens, de leur côté, peuvent être intéressés par une telle collaboration car le positionnement du chercheur souvent extérieur à l'organisation et les analyses effectuées, leur permettent de prendre du recul par rapport à l'exercice de leur métier, de prendre conscience de certains éléments et les aider à faire évoluer leurs pratiques. Cette collaboration très riche et basée sur le dialogue, se situe dans une dynamique de co-construction de la connaissance. Mais elle soulève parfois des questions éthiques comme celles de l'indépendance du chercheur ou du respect et de la liberté du praticien. Dans la lignée des recherches cliniques médicales, des comités d'éthique de la recherche se sont développés dans des universités anglo-saxonnes pour éviter de tels écueils. Mais ceci n'est pas si simple car ces comités, si utiles soient-ils, peuvent parfois bloquer le travail du chercheur et entrer dans une logique purement procédurière. Que faire alors ? Nous aborderons donc dans cette communication les enjeux éthiques d'un tel partenariat en mettant l'emphase sur les conditions d'une juste relation.
L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.
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