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Christian Maroy : Université de Montréal
Cette communication présente les principaux résultats d'une recherche sur la mise en œuvre de la politique québécoise de gestion axée sur les résultats (GAR) en éducation par les commissions scolaires (CS). Cette recherche fut réalisée par le biais d'une étude de cas multiples dans 4 CS. Le portrait détaillé de la mise en œuvre de la GAR repose sur plus de 70 entretiens semi-dirigés auprès de différents acteurs clés ainsi que sur l'analyse des principaux instruments d'action publique déployés. Nous défendons la thèse que la mise en œuvre de la GAR renouvelle un processus, déjà ancien, d'institutionnalisation de la gestion de la pédagogie dans le système éducatif québécois. Plus précisément, la GAR impulse des transformations institutionnelles qui tendent à rationaliser et à réguler le travail pédagogique par de nouveaux outils et dispositifs de suivi, d'évaluation et de responsabilisation du travail des professionnels scolaires. D'une part, nous étayons cet argument par la présentation des stratégies employées par les CS lors de la mise en œuvre de la GAR. D'autre part, nous montrons les ramifications du processus d'institutionnalisation de la nouvelle gestion de la pédagogie par l'identification des principaux mécanismes de changements institutionnels qui le sous-tendent.
Christian Maroy est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en politiques éducatives depuis octobre 2010 et professeur à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université de Montréal
La gestion axée sur les résultats (GAR) au Québec et le pilotage par les résultats en France sont des versions singulières des politiques de responsabilisation ou d’accountability, qui se développent depuis la fin du siècle dernier dans divers systèmes éducatifs. Elles visent par des voies et des pressions institutionnelles diverses à changer les pratiques des écoles et des enseignants pour les rendre plus « efficaces » et ainsi contribuer à réaliser les objectifs des politiques ministérielles, dont les buts sont souvent d’améliorer les taux de diplomation, les taux de réussite aux épreuves ministérielles, mais aussi de contribuer à réduire le décrochage scolaire.
Le colloque a pour ambition de mener une réflexion générale et un bilan de ces politiques dans les systèmes éducatifs européens et nord-américains : que sait-on sur les effets des politiques de responsabilisation sur les résultats scolaires? sur les enseignants? sur les organisations éducatives? Comment ces politiques sont-elles mises en œuvre par les autorités scolaires intermédiaires (commissions scolaires, académies)? Quelles significations ont-elles pour la gestion scolaire au sein des établissements? Comment ces transformations sont-elles introduites, imposées, ou négociées au cœur des organisations scolaires? Quels effets engendrent-elles sur le travail et l’autonomie professionnelle des enseignants?
La visée de ce colloque est donc de dresser un premier bilan et d’ouvrir un espace de discussion sur l’avenir de ces politiques en allant au-delà de l’opposition stérile entre les apologies institutionnelles excessivement confiantes et les dénonciations de principe.
Il s’appuie sur des résultats de recherche empiriques originales menées au Québec dans le cadre de la Chaire de recherche du Canada en politiques éducatives (Christian Maroy, Université de Montréal) et en France dans le cadre de l’Observatoire sociologique du changement (Agnès van Zanten, CNRS/ Sciences PO).
Thème du colloque :