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Gaëtan Deso : Université Paul-Valéry-Montpellier-III
Abordant l'humour et la mort au travers de l'art, cette communication va présenter une pratique artistique contemporaine singulière pour la Polynésie française. Il s'agit de la série dite des crânes réalisée par l'artiste Andreas Dettloff. D'une part, il sera question de démontrer la place de l'art dans le contexte d'une société en redéfinition ainsi que celle, toute particulière, occupée par ces œuvres dans le monde de l'art local. D'autre part sera abordée la façon dont le détournement de la mort par l'humour en art se fait l'écho des tensions culturelles qui officient actuellement en Polynésie française. En se jouant des référents culturels malmenés par la colonisation, ces œuvres controversées traduisent néanmoins une société contemporaine à la croisée des cultures. Si le détournement de la mort par l'humour en art est attesté depuis longtemps, cette pratique revêt une valeur toute particulière pour cette région du monde car inscrite dans un contexte de restitution des crânes ramenés en Europe au XIXe siècle. À travers une approche combinant histoire de l'art et anthropologie, oscillant entre étude d'œuvres et contexte d'insertion, l'examen de ces crânes se révèle un moyen d'observer et d'attester des points de rencontres et de conflits au sein de la société contemporaine de Polynésie française. Faites d'irrévérences envers les poncifs les œuvres viennent bousculer les spectateurs et nous forcent alors à être partie prenante aux débats.
À première vue, l’humour et la mort ne présentent pas de points de rencontre. Comment peut-on rire d’un événement aussi tragique que la disparition de soi ou d’êtres chers? Les modalités complexes du deuil, les affects de tristesse et de chagrin suggèrent qu’un décès s’accompagne d’émotions fortes qui ne laissent que peu de place à la légèreté et à la plaisanterie. À l’inverse, l’humour peut être source de réactions extrêmes pouvant aller jusqu’à la violence et au meurtre. L’exemple des caricatures de Charlie Hebdo et de la fusillade qui a entraîné la mort de plusieurs dessinateurs de ce journal suggère que la raillerie, l’ironie et la satire ne sont pas appréciées quand elles s’attaquent à des sujets porteurs de valeurs considérées comme absolues. Les relations entre ces deux ordres, mort et humour, n’ont pas encore fait l’objet d’une réflexion critique et empirique et, dans cette perspective, le colloque présenté par la revue Frontières, une revue qui porte sur les enjeux de la mort, vise à aborder cette problématique à partir d’un point de vue interdisciplinaire.
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