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Hervé Guay : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Terme à la mode dans les études théâtrales comme dans l'esthétique en général, la notion d'expérience possède, au sein de la théorie dramatique, une longue histoire qui remonte au moins au Théâtre Libre d'Antoine et au naturalisme. À la suite de Zola, Antoine inscrit sa démarche artistique dans le sillage de Claude Bernard et de sa méthode expérimentale. Plus près de nous, au Québec, le Nouveau théâtre expérimental installé à l'Espace libre, nommé en l'honneur d'Antoine, a poursuivi cette tradition. Les théâtres laboratoires et d'essai indiquent de même cette prégnance d'une conception des arts de la scène calquée sur la métaphore de l'expérience scientifique. Comment est-on passé cependant d'une conception de l'expérimentation, valant surtout pour les créateurs, au terme d'expérience, qui insiste plutôt la réception procurée au spectateur ? L'histoire de cette notion au théâtre permet-elle de repérer des critères définitoires qui caractériseraient une expérience théâtrale ? Enfin, dans quelle mesure un tel concept se distinguerait-il d'autres conduites esthétiques ? C'est à un premier survol de cette question complexe que j'aimerais parvenir par cette communication.
La question des publics de la culture appelle à prendre en compte leur importance dans la consolidation d’un espace public (Habermas, 1962) dynamique, susceptible d’accueillir débats et diversité de points de vue, mais aussi à mesurer à l’effet de pratiques culturelles ciblées au sein de communautés de tailles variées.
Les efforts déployés pour que les productions culturelles rejoignent des publics s’avèrent à présent considérables. D’ailleurs, les institutions culturelles comme les musées sont désormais évaluées en fonction de leur capacité à attirer des publics de plus en plus nombreux. La diversité de l’offre en culture, en loisir et en divertissement place différents établissements en concurrence afin d’attirer les non-publics (Jacobi et Luckerhoff, 2010). Les pratiques culturelles, de la lecture à la sortie au théâtre ou au musée, subissent aussi des mutations profondes sur les plans social, esthétique et technologique. Des facteurs propres à certains arts ou régions, tels les changements apportés aux politiques gouvernementales, les nouvelles technologies, le vieillissement de la population et la désindustrialisation participent à l’accélération de ces mutations.
Dans un contexte où les productions culturelles sont de plus en plus considérées comme des outils de développement économique (économie créative et culturelle), la pression de trouver des publics, locaux et touristiques, devient encore plus forte. Le colloque envisagé permettra de réfléchir aux esthétiques qui leur sont destinées et aux technologies qui façonnent leur expérience, aux stratégies mises en œuvre pour communiquer avec eux, à l’éducation nécessaire pour que le non-initié ait accès à des formes de culture et d’art plus sophistiquées, et aux lieux et aux pratiques qui cherchent à attirer et à fidéliser leurs usagers. Trois axes seront priorisés : 1) Esthétique; 2) Communication et éducation; 3) Théories et méthodes.
Thème du colloque :