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Jean Régnier : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dernièrement, en 2015, la Commission de vérité et réconciliation du Canada mettait à nouveau en lumière les traitements atroces subis par les autochtones dans les pensionnats dirigés par les communautés religieuses avec la complicité des gouvernements fédéral et provinciaux. Auparavant, ces dernières années, après la crise d'Oka, sur ce territoire appelé Québec, un dialogue constructif durable a semblé s'installer entre autochtones et allochtones. Les jeunes d'aujourd'hui, à tout le moins ceux que je fréquente à l'université comme enseignant en animation et recherches culturelles, sont de plus sensibles aux valeurs portées par les cultures amérindiennes traditionnelle et moderne. On perçoit ainsi, chez les jeunes allochtones, ce besoin de connaître les réalités amérindiennes et de s'en rapprocher. Il est alors de plus en plus fréquent aujourd'hui que des artistes autochtones et allochtones, jeunes et moins jeunes, travaillent ensemble sur des projets qui questionnent leur rapport et qui, ainsi, tentent d'établir des liens durables. Ma proposition de communication fera état de quelques-uns des défis auxquels sont confrontés des artistes autochtones et allochtones avec des projets communs en théâtre.
Présent partout dans les Amériques (et aussi au-delà), le mouvement de renaissance des cultures autochtones se manifeste dans divers domaines, mais particulièrement dans les arts, comme le théâtre, le cinéma, la musique, la littérature (romans et poésie), la peinture et la sculpture. Prenant appui à la fois sur des aspects traditionnels et historiques des Premières Nations, cette renaissance culturelle table également sur les moyens d’expression les plus contemporains pour prendre forme.
Cette renaissance autochtone, au-delà de ses caractéristiques culturelles, possède également des échos sur les plans social et politique, à la fois auprès des populations autochtones elles-mêmes et des sociétés plus larges dans lesquelles celles-ci évoluent. Mais comment se présentent alors les enjeux et défis de la renaissance des cultures autochtones au sein de notre société? Quels en sont les tenants et aboutissants du point de vue des transformations qu’elle implique (pour les autochtones et les non-autochtones) et de la reconnaissance qu’on lui accorde? Comment les sciences humaines (sociologie, anthropologie, études littéraires, cinématographiques, musicologiques, etc.) se situent-elles par rapport à la reconnaissance de la renaissance autochtone? Et quelle position doivent-elles adopter, du point de vue méthodologique, théorique et même épistémologique, afin de permettre que cette reconnaissance ne soit pas seulement un nouvel avatar de la domination qu’elles ont souvent exercée vis-à-vis de populations autochtones? Quelles sont les implications logiques, éthiques et esthétiques de la reconnaissance d’une renaissance autochtone se produisant au sein de nos sociétés?
C’est à ce genre de questions que notre colloque voudrait s’ouvrir, en présentant les contributions de chercheurs intéressés par la manière de contribuer à une reconnaissance équilibrée de la renaissance autochtone.
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