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Luc Cloutier-Villeneuve : Institut de la statistique du Québec
Il ne fait aucun doute aujourd'hui que le fait d'avoir des enfants ne constitue pas un frein à la participation des parents au marché du travail. Mais en allant au-delà de la simple participation, on peut se demander si les mères et les pères arrivent aussi à s'intégrer au marché du travail dans des emplois correspondants à leur niveau d'éducation. Cette question demeure centrale puisqu'on assiste depuis plusieurs années à un rehaussement important de la scolarisation, en particulier chez les femmes.
Cette communication porte sur l'évolution de la part de l'emploi moins qualifié chez les travailleuses et les travailleurs ayant des responsabilités familiales. Le fait de retenir cet indicateur permet de voir comment s'insèrent « qualitativement » les personnes sur le marché du travail compte tenu de leur niveau d'éducation. Un certain nombre d'autres indicateurs sont mobilisés afin de bien caractériser leur situation sur le marché du travail. L'approche retenue consiste à suivre une cohorte d'année en année à partir des données de l'Enquête sur la population active et portant sur les travailleuses et les travailleurs avec ou sans enfants. Des premiers résultats indiquent que la part d'emplois moins qualifiés a diminué graduellement au Québec chez les mères depuis les 20 dernières années dépassant même les pères à ce chapitre. Or, afin de voir si cela est particulier au Québec, des comparaisons avec la situation en Ontario seront présentées et discutées.
Au cours des dernières décennies, le Québec a connu les effets du baby-boom puis du baby-bust (effondrement de la natalité), transition accompagnée de plusieurs vagues d’immigration de type et de provenance différents. Depuis 2001, l’immigration représente d’ailleurs la principale source de la croissance de la population du Québec. L’effectif de la main-d’œuvre est en partie le résultat de cette évolution, mais aussi de changements de comportements et de caractéristiques de divers groupes sociaux face au marché du travail.
Alors que le vieillissement de la population suscite des préoccupations quant à l’avenir de la croissance de la main-d’œuvre, l’évolution des rapports complexes entre les comportements démographiques, l’activité et l’emploi s’impose comme enjeu de recherche stratégique. Comme le soulignaient Laplante et Godin (2003), « […] la relation entre l’évolution de la population active et de la population employée d’une part, et les phénomènes démographiques stricto sensu d’autre part, est maintenant un système complexe où la décision de participer au marché du travail joue vraisemblablement un rôle plus important que l’offre d’emploi. Dans un tel contexte, prévoir l’utilisation de la population active et de la population employée requiert vraiment des hypothèses sur la nature et la répartition des comportements […]. » Depuis une dizaine d’années, d’énormes progrès ont été réalisés dans ce domaine grâce à l’accès à de nouvelles sources de données et aux développements méthodologiques en matière de modélisation.
Ce colloque a pour principal objectif de réunir les chercheurs qui s’intéressent, d’une part, aux processus démographiques et, d’autre part, aux tendances économiques et sociales qui interagissent avec ces processus et qui ensemble déterminent l’effectif, la composition et la productivité de la main-d’œuvre. Le colloque sera sous la responsabilité scientifique d’Yves Carrière, responsable du colloque annuel de l’ADQ (Association des démographes du Québec), Benoît Dostie, directeur du CIQSS (Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales), et Pierre-Carl Michaud, cotitulaire de la Chaire Industrielle-Alliance sur les enjeux économiques des changements démographiques.
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