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Martin Hébert : Université Laval
Les imaginaires mexicains ont été abordés comme mise en scène humoristique de la violence et de la mort, souvent présentés comme une forme de catharsis. Nous examinerons ici des contextes autochtones et non autochtones particulièrement marqués par la violence pour tenter de mieux cerner les dimensions épistémologique et politique de ces récits et nous questionner sur la manière dont le macabre humoristique peut agir comme une théorisation locale de la violence. Nous nous pencherons sur une diversité de récits portant sur les criminels et la violence criminalisée. De la Révolution mexicaine à la flambée actuelle de la violence narco, la mise en récits de la violence et de ses agents puise dans un vocabulaire visuel macabre et, semble-t-il, mobilise ce dernier pour « mexicaniser » la violence. Ainsi, en faisant passer des thèmes tragiques universels comme la mort, la perte et la dépossession par le filtre discursif d'un humour particulièrement noir, il devient possible de signifier ces souffrances et surtout ceux qui les causent comme profondément ancrés dans le monde mexicain. Nous établirons un contraste entre ces représentations et d'autres qui les construisent, la violence et les violents comme exogènes, opérant dans un autre registre de l'imaginaire mexicain, où figure notamment le simple et simpliste gringo. Nous conclurons par quelques propositions plus générales sur l'importance de l'humour dans les épistémologies locales de la violence au Mexique.
À première vue, l’humour et la mort ne présentent pas de points de rencontre. Comment peut-on rire d’un événement aussi tragique que la disparition de soi ou d’êtres chers? Les modalités complexes du deuil, les affects de tristesse et de chagrin suggèrent qu’un décès s’accompagne d’émotions fortes qui ne laissent que peu de place à la légèreté et à la plaisanterie. À l’inverse, l’humour peut être source de réactions extrêmes pouvant aller jusqu’à la violence et au meurtre. L’exemple des caricatures de Charlie Hebdo et de la fusillade qui a entraîné la mort de plusieurs dessinateurs de ce journal suggère que la raillerie, l’ironie et la satire ne sont pas appréciées quand elles s’attaquent à des sujets porteurs de valeurs considérées comme absolues. Les relations entre ces deux ordres, mort et humour, n’ont pas encore fait l’objet d’une réflexion critique et empirique et, dans cette perspective, le colloque présenté par la revue Frontières, une revue qui porte sur les enjeux de la mort, vise à aborder cette problématique à partir d’un point de vue interdisciplinaire.
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