Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Andréanne Gagné : Université de Sherbrooke
Les métiers spécialisés et semi-spécialisés regroupent une part grandissante de la main d'œuvre de la société québécoise (MEQ, 2001). Le secteur de la formation professionnelle est au cœur de la formation des travailleurs de ces métiers. Transmetteurs de connaissances, d'habiletés, mais aussi de culture, ces hommes et ces femmes qui choisissent de devenir enseignant en formation professionnelle (Balleux, 2006; Deschenaux & Roussel, 2010) sont motivés par leurs valeurs consolidées au fil de leurs expériences personnelles et professionnelles (Schwartz, 2006; 2012). Cet héritage du métier occupé jusqu'au moment de l'enseigner retient l'attention dans le contexte distinctif d'insertion professionnelle et de transition de l'identité propre au secteur professionnel. En ce sens, quels changements s'observent sur le plan des valeurs des enseignants en formation professionnelle avant et après leur bifurcation vers l'enseignement? Quelle influence exercent ces changements sur la dynamique identitaire de ces enseignants? Cette communication présente les résultats d'une recherche de type qualitative à nature compréhensive et basés sur une démarche d'analyse de contenu (L'Écuyer, 1991) d'entretiens semi-dirigés. Les constats mettent en lumière les mouvements au sein des valeurs individuelles entre la carrière initiale et la profession enseignante, ainsi que les rôles occupés par ces valeurs dans la transition identitaire (Perez-Roux, 2011) d'enseignants du secteur professionnel.
La formation professionnelle, qu’elle se déploie sous régime scolaire (enseignement professionnel, technique ou universitaire) ou par la voie du travail (apprentissage en milieu de travail, compagnonnage, formation continue), a pour objet l’apprentissage d’un métier, d’une technique, d’une profession. Les pratiques des acteurs individuels (apprenant, enseignant, formateur, direction, compagnon, chef d’entreprise, etc.) et collectifs (groupe-classe, équipe-école ou départementale, commission scolaire, comités sectoriels, mutuelles de formation, syndicats, etc.) prennent forme à la croisée de dynamiques multiples. Elles se concrétisent ainsi sous l’influence d’enjeux, d’approches et de perspectives variées et complexes à articuler : les aspects pédago-didactiques (les approches de conception de la formation et des situations d’enseignement-apprentissage, les didactiques professionnelles en émergence, les contenus et les modalités de formation des enseignants et des formateurs ainsi que des divers types d’apprenants qu’ils forment), organisationnels (modalités de gestion et de financement, recrutement des enseignants, évaluation, qualification), sociaux (réussite éducative, insertion professionnelle des personnes formées), économiques (injonctions du milieu de travail, offre de formation, coût des infrastructures) et politiques (entre différents ministères ou au sein d’organismes décentralisés). Les microprocessus liés à la formation et à l’apprentissage professionnel, les gestes posés dans des environnements locaux, sont ainsi à comprendre à l’une des dynamiques à l’œuvre dans les mésosystèmes (l’établissement, l’entreprise) et les macrosystèmes (politiques élaborées et ensembles socioculturels). Ce colloque a pour objectif de faire état des recherches portant tant sur ces microprocessus que sur des dynamiques plus globales afin de comprendre comment, dans leur articulation, ils informent les pratiques de la formation professionnelle au quotidien.
Thème du colloque :