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Denis Bussières : UQAM - Université du Québec à Montréal
La coconstruction des connaissances est au cœur des recherches menées étroitement avec des praticiens et praticiennes que cela soit au sein de recherche-action ou de recherche partenariale ou collaboratrice. Tout le discours autour de la coconstruction repose d'ailleurs sur les échanges de connaissances entre chercheurs et praticiens. La coconstruction des connaissances est aussi un élément important des recherches en innovations sociales comme en fait foi l'expérience du CRISES où une multitude de recherches ont été réalisées dans un cadre partenarial. La coconstruction peut-elle se réduire à cet échange de connaissances entre acteurs ? Notre présentation cherchera à montrer que l'idée de coconstruction dépasse l'échange de connaissances et prend tout son sens dans des pratiques.
Dans le cadre de notre présentation, nous nous attarderons sur les pratiques concrètes qui permettent la coconstruction des connaissances. Chaque étape de la recherche : rédaction du devis, collecte des données, analyse des données et rédaction du rapport de recherche deviennent des passages obligés et offrent ainsi des moments où la coconstruction peut prendre forme et se déployer.
Si l'on parle de coconstruction, c'est que nous sommes bien devant un « processus de fabrication des connaissances » (Vinck, 2007). Or, cette fabrication repose sur des activités et des pratiques dont nous chercherons à rendre compte. Sans ces activités et pratiques, la coconstruction ne demeure qu'un simple discours.
L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.