Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Adou François Kouadio
Bondoukou, capitale administrative du district du Zanzan et située à 416 km de la métropole abidjanaise, connaît un processus d'urbanisation exemplaire parmi les villes du nord-est ivoirien. Sa croissance urbaine a surpris les autorités étatiques et municipales qui n'ont pas su gérer dans le temps, par manque de moyens souvent, l'équipement et l'accueil des citadins. Bien qu'un effort d'investissement public a été fait à la faveur de la fête tournante de l'indépendance de 1971, la ville de Bondoukou a amorcé une politique municipale en 1980, qui met en scène des édiles municipaux, acteurs potentiels du développement du territoire communal. Les pouvoirs publics n'ont pas très tôt préparé les animateurs du développement local à la gestion des projets d'aménagement et de développement communal. En outre, le modèle de développement communal ne contribue pas à l'enracinement de la démocratie participative. Les élus municipaux ne consultent pas les populations dans le cadre des actions de projets de développement. Comment se présente alors le modèle du développement communal ? Quel est le niveau d'implication des différents acteurs de la démocratie locale dans les projets de développement? Et quels en sont les effets produits par cette démocratie participative au niveau de l'aménagement communal. Il s'agira dans cette communication de montrer le piège tendu par le modèle de développement à la démocratie participative.
On constate un certain flou quant à l’évaluation des effets de la participation du public en aménagement et en urbanisme qui contraste avec la clarté du besoin de son intégration à la prise de décision. La question « à quoi la participation du public en aménagement, sous ses différentes formes, donne-t-elle lieu? » reste largement ouverte, et ce, d’autant plus que d’autres facteurs, extérieurs au dispositif participatif, peuvent avoir un effet tout aussi important sur la décision finalement prise.
À cet égard, l’action publique ne résulte pas d’un canal unique et unidirectionnel : elle est plutôt le fruit d’un processus de construction et d’interactions qui provoque des conflits, des ajustements et des retours en arrière, suivis de progressions. Aussi, les expériences de participation publique ont des retombées qui ne peuvent être envisagées uniquement comme des résultats limités dans l’espace et dans le temps. Certains de leurs résultats peuvent parfois se diffuser, plus ou moins consciemment, dans les pratiques des acteurs impliqués.
Il paraît pertinent de s’intéresser à ces diverses formes de la participation : institutionnelle, non institutionnelle, présentielle, en ligne, politisée ou moins politique. Comment la participation au sein d’un dispositif interagit-elle avec la participation dans les autres canaux? Comment les processus de participation des usagers de l’espace sont-ils saisis par l’organisation institutionnelle? Comment les chercheurs parviennent-ils à aborder ces processus expérimentaux, qui prennent forme dans l’espace urbain, sans être liés aux modes habituels de concertation locale?
Ce colloque souhaite apporter des éléments de réponse à ces questions en s’appuyant sur des expériences et des réflexions issues de recherches menées dans différents contextes, notamment québécois, français et suisses.
Titre du colloque :