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Jules Racine-St-Jacques : UQAM - Université du Québec à Montréal
Dans cette communication, je ferai la généalogie du discours critique des acteurs universitaires sur l'université québécoise depuis les années d'après-guerre. Je montrerai ainsi que les inquiétudes des professeurs et dirigeants quant à l'avenir de l'institution universitaire ressurgissent périodiquement et s'articulent généralement autour des mêmes topoï. Ceux-ci présupposent un idéal dont on peut raisonnablement se demander s'il a déjà trouvé un reflet exact dans la réalité concrète de la mission universitaire ou s'il n'existe que dans la sphère discursive. Le cas échéant, il faudrait se questionner sur l'identité des tenants de ce discours. Afin de mieux éclairer les critiques actuelles de la dérive managériale de l'université, cette communication invitera finalement à comprendre l'histoire de l'université québécoise à la manière bourdieusienne, soit comme celle de l'équilibre dynamique d'un champ traversé par des forces exogènes et animé par des acteurs au capital symbolique varié luttant pour légitimer leur définition de la nature et de la fonction de l'université et, par le fait même, pour régler le niveau d'autonomie du champ universitaire.
Il y a un demi-siècle, le rapport Parent pavait la voie à une réforme radicale de l’enseignement supérieur au Québec, y compris ses modes de gouverne et de gestion. Rompant avec la centralisation qui prévalait jusqu’alors, l’administration des universités devait faire la part belle à la collégialité. Les professeurs avaient ainsi voix au chapitre, que ce soit au conseil d’administration ou dans les divers comités et commissions mis sur pied à l’échelle de l’université ou de ses unités. Les étudiants étaient eux aussi invités à participer à ces instances et à y faire valoir le point de vue de leurs commettants. Cette conception a largement inspiré les règles et les pratiques au sein de l’Université du Québec nouvellement créée, puis des autres institutions universitaires lors du renouvellement de leur charte.
Depuis, l’université québécoise s’est profondément transformée, sur le plan auntant quantitatif que qualitatif. Les lieux et les modes d’enseignement se sont multipliés, comme se sont diversifiés les profils des étudiants. La recherche a pris une ampleur considérable et le financement des universités est de plus en plus soumis à leur productivité en cette matière. Il n’est plus désormais question de l’administration des universités, mais de leur « gouvernance ». Une logique, que plusieurs associent à la nouvelle gestion publique, impose progressivement sa marque à l’« idée d’université ». L’université doit désormais démontrer son utilité pour l’économie et la société, rendre une myriade de comptes et se doter d’un conseil d’administration dont le rôle et la composition s’inspirent du secteur privé.
Cette transformation tient-elle simplement à un effet de mode ou signale-t-elle plutôt un changement profond dans la gouverne et la gestion des universités, voire dans leur mission? Ce colloque propose d’examiner les manifestations de cette transformation et de dégager ce qu’elle laisse entrevoir pour l’avenir des universités au Québec.
Le colloque a pour but de rendre compte de la transformation de l’université québécoise, de la situer dans un panorama plus général et de réfléchir sur son avenir, en particulier sous l’angle de sa gouverne et de sa gestion. Le colloque vise à soulever les enjeux qui découlent de cette transformation, tant pour les universités elles-mêmes que pour tous ceux qui y œuvrent : dirigeants, étudiants, professeurs et autres groupes d’employés.
Au Québec, peu de chercheurs s’intéressent à la gouverne et à la gestion des universités. Le colloque leur fournira une rare occasion de débattre de ces questions d’importance. Les conférenciers se verront offrir la possibilité de rédiger un chapitre dans un ouvrage collectif qui poursuivra la réflexion amorcée durant le colloque.
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