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La grande fraternité blanche, un non-lieu d'étude du religieux contemporain?

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Dominic LaRochelle : Université Laval

Résumé de la communication

La grande fraternité blanche serait un regroupement d'êtres ayant atteint un niveau supérieur de conscience et qui se seraient donné la mission de faire progresser l'humanité vers un stade avancé de son évolution spirituelle. On y retrouverait tous les maîtres des grandes traditions de l'humanité qui transmettent leurs messages par la voix d'individus choisis pour cette tâche. L'étude de la croyance en ces « maîtres ascensionnés » pose un certain nombre de problèmes au chercheur en sciences des religions, le principal étant que le phénomène d'« ascension spirituelle » tel que vécu par les adeptes semble échapper à plusieurs catégories d'analyse traditionnellement admises dans ce domaine.

Dans cette communication, nous tenterons de brosser un portrait des enjeux analytiques que pose l'étude de ce phénomène particulier qui reflète, il nous semble, un « non-lieu » du religieux. Nous disons « non-lieu » parce qu'il paraît en effet difficile d'identifier un lieu précis qui servirait d'assise claire à l'étude de ces croyances et des individus qui y adhèrent : pas de traditions précises, pas de regroupement institutionnel précis, pas de leader, etc. L'étude des maîtres ascensionnés et des individus qui transmettent leurs messages à l'humanité demande donc de revoir certaines catégories du religieux et demande d'analyser des croyances qui se développent dans des inter-espaces (une variété de traditions), dans des interstices structurels (des réseaux et des communautés virtuelles).

Résumé du colloque

Si le phénomène religieux continue d’évoluer dans des sphères qui lui étaient propres, il se maintient également là où on pensait le voir disparaître et rejaillit là où on ne l’attendait pas : milieux artistiques, entreprises de tendance, établissements de santé, médias, système scolaire, monde politique, débats féministes et arène juridique. Pour cette raison, les manifestations du religieux suscitent parfois des incompréhensions, voire des tensions entre des systèmes de valeurs perçus ou présentés comme concurrents, et entrent dans les débats publics par le biais des arènes médiatique et politique. Ces points de contact contribuent à transformer, en retour, le religieux. En effet, celui-ci se nourrit et se transforme à partir de ses interactions avec la sphère séculière, qu’il s’agisse d’objets, d’individus ou de lieux, mais aussi de l’État, du droit et de régulations propres aux sociétés de consommation. L’« activité religieuse en train de se faire » procède dès lors de la confrontation circonstancielle du religieux avec ces éléments. Le fait religieux n’est jamais un donné, mais plutôt un produit qui peut se définir ou dont l’existence peut être remise en cause à tous moments. Dans ce contexte, on assiste aujourd’hui à un paradoxe : alors même que la présence de champs traditionnels du savoir universitaire, comme la théologie ou l’exégèse, paraît menacée au sein des universités, une compréhension scientifique globale du religieux est plus que jamais nécessaire. En effet, si la complexification du champ religieux bouleverse toujours plus les frontières des champs disciplinaires, elle en souligne aussi la complémentarité. Le colloque vise donc à répondre aux questions suivantes : quels sont les nouveaux lieux d’émergence et d’expression du religieux? Dans quelle mesure les savoirs universitaires permettent-ils d’en saisir les déplacements? Quels enjeux épistémologiques implique l’analyse interdisciplinaire du phénomène religieux contemporain?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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