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La littérature, l'humour, l'engagement : Iraj Mirza et la littérature engagée persane

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Sepideh Shokri Poori : Université Laval

Résumé de la communication

Parmi les livres interdits, il y a toujours ceux qui raillent des idéologies. Ces livres « non autorisés » possèdent un caractère commun : ne pas prendre au sérieux tout ce qui - d'après certains représentants de l'idéologie - doit être considéré sérieux. Cependant, ce que la liberté d'expression exige, c'est le droit de ridiculiser toute doctrine ; et ce que les régimes totalitaires ne supportent pas, c'est exactement cet humour choquant. À la suite de la fusillade qui a entrainé la mort des caricaturistes français, on a tendance à styliser l'Orient comme la source des conflits, mais sans tenir compte que les artistes de cette région ont déjà beaucoup souffert de toutes sortes d'idéologies. Dans cette perspective, on remarque l'influence de l'humour et son côté résistant dans l'art du Moyen-Orient. Un exemple frappant de ce persiflage vient de la littérature persane. L'écriture d'auteurs tels qu'Iraj Mirza est si pleine de satire et de blasphème qu'elle n'est appréciée ni par le régime ni par les autorités religieuses. Nous souhaitons donc présenter l'aspect satirique et engagé de la littérature persane, en étudiant l'œuvre d'Iraj Mirza, et éventuellement sa mise en scène par Shahrokh Moshkin Ghalam. Pour atteindre cet objectif, nous considérons les théories de Bergson (Le Rire, 1958) et Bakhtine (L'Esthétique et théorie du roman, 1978), ainsi que celles d'Iraniens comme Homa Katouzian (La Satire et l'ironie, 2003).

Résumé du colloque

À première vue, l’humour et la mort ne présentent pas de points de rencontre. Comment peut-on rire d’un événement aussi tragique que la disparition de soi ou d’êtres chers? Les modalités complexes du deuil, les affects de tristesse et de chagrin suggèrent qu’un décès s’accompagne d’émotions fortes qui ne laissent que peu de place à la légèreté et à la plaisanterie. À l’inverse, l’humour peut être source de réactions extrêmes pouvant aller jusqu’à la violence et au meurtre. L’exemple des caricatures de Charlie Hebdo et de la fusillade qui a entraîné la mort de plusieurs dessinateurs de ce journal suggère que la raillerie, l’ironie et la satire ne sont pas appréciées quand elles s’attaquent à des sujets porteurs de valeurs considérées comme absolues. Les relations entre ces deux ordres, mort et humour, n’ont pas encore fait l’objet d’une réflexion critique et empirique et, dans cette perspective, le colloque présenté par la revue Frontières, une revue qui porte sur les enjeux de la mort, vise à aborder cette problématique à partir d’un point de vue interdisciplinaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Patrick Bergeron
section icon Date : 10 mai 2016

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