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La mort comme outil d'un simulacre historique dans les romans de Tahar Djaout et d'Emmanuel Dongala

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Sarah Assidi : Université Laval

Résumé de la communication

Dans le champ des littératures francophones l'expérience de l'histoire coloniale porte une tension soumise à une inévitable dimension parodique. Tahar Djaout et Emmanuel Dongala exploitent cette tension en relation avec les discours et représentations de l'époque coloniale en Algérie et au Congo. Ils déploient, chacun à sa manière, toute une esthétique de la dérision jouant sur les questions « d'héritage colonial » et de patrimoine culturel. Par l'exploitation d'une rhétorique baroque ils créent un imaginaire historique drôle, fantasque, à l'humour parfois ubuesque où les espaces et les temporalités sont multiples.

La fragmentation du temps chez Emmanuel Dongala, ou sa superposition chez Tahar Djaout, créent un effet grotesque par lequel les jeux du langage et les voyages dans le temps et l'espace se multiplient. Dès lors, la configuration spatiotemporelle semble témoigner d'une stratégie de distension de la dimension poétique et imaginaire pour penser l'indicible de la guerre. Il sera question d'analyser comment se crée cet imaginaire historique, où la mort semble détachée de tout fatalisme, en questionnant spécifiquement le rôle qu'elle joue dans la construction de ce simulacre historique.

La figuration de l'Histoire, telle que les écrivains la représentent, est-elle encore empreinte de pouvoir? La parodie et l'esthétique de la dérision élident-elles la réalité du discours littéraire? Ou encore servent-elles de prise de position esthétique ?

Résumé du colloque

À première vue, l’humour et la mort ne présentent pas de points de rencontre. Comment peut-on rire d’un événement aussi tragique que la disparition de soi ou d’êtres chers? Les modalités complexes du deuil, les affects de tristesse et de chagrin suggèrent qu’un décès s’accompagne d’émotions fortes qui ne laissent que peu de place à la légèreté et à la plaisanterie. À l’inverse, l’humour peut être source de réactions extrêmes pouvant aller jusqu’à la violence et au meurtre. L’exemple des caricatures de Charlie Hebdo et de la fusillade qui a entraîné la mort de plusieurs dessinateurs de ce journal suggère que la raillerie, l’ironie et la satire ne sont pas appréciées quand elles s’attaquent à des sujets porteurs de valeurs considérées comme absolues. Les relations entre ces deux ordres, mort et humour, n’ont pas encore fait l’objet d’une réflexion critique et empirique et, dans cette perspective, le colloque présenté par la revue Frontières, une revue qui porte sur les enjeux de la mort, vise à aborder cette problématique à partir d’un point de vue interdisciplinaire.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Patrick Bergeron
section icon Date : 10 mai 2016

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