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Claudia Gagnon : Université de Sherbrooke
Afin de maximiser les retombées de l'alternance-travail-études (ATE) en formation professionnelle (FP), le ministère a défini des balises en insistant sur « l'intégration pédagogique, entre le milieu scolaire et l'entreprise, des apprentissages réalisés par l'élève » (MELS, 2006a, p. 5). En lien avec les recommandations du ministère à propos de l'accompagnement des élèves et des processus pédagogiques à mettre en œuvre notamment en termes d'encadrement (par l'école) des élèves en entreprise, une recherche participative (Couture, Bednarz et Barry, 2007) a amené 9 enseignants à analyser leurs pratiques de supervision (visite d'un élève en stage) à partir d'observations enregistrées sur vidéo (Jaccoud et Mayer, 1997 ; Postic, 1992). Si cette recherche a permis de montrer la diversité des pratiques de supervision mises en œuvre par les enseignants et de mieux définir les différentes fonctions liées à ces pratiques (Villeneuve, 1994), cette communication vise essentiellement à présenter les résultats relatifs à la fonction d'enseignement. Globalement, les résultats font ressortir la subtilité de cette fonction dans les pratiques de supervision. Alors que les enseignants n'ont pas ou peu le sentiment d'enseigner au cours de la visite de stage, l'analyse des observations permet de constater qu'il y a plus d'enseignement qu'il n'y paraît et que cet enseignement se déploie de différentes façons selon les enseignants, la situation au moment de la visite et le contexte de stage.
La formation professionnelle, qu’elle se déploie sous régime scolaire (enseignement professionnel, technique ou universitaire) ou par la voie du travail (apprentissage en milieu de travail, compagnonnage, formation continue), a pour objet l’apprentissage d’un métier, d’une technique, d’une profession. Les pratiques des acteurs individuels (apprenant, enseignant, formateur, direction, compagnon, chef d’entreprise, etc.) et collectifs (groupe-classe, équipe-école ou départementale, commission scolaire, comités sectoriels, mutuelles de formation, syndicats, etc.) prennent forme à la croisée de dynamiques multiples. Elles se concrétisent ainsi sous l’influence d’enjeux, d’approches et de perspectives variées et complexes à articuler : les aspects pédago-didactiques (les approches de conception de la formation et des situations d’enseignement-apprentissage, les didactiques professionnelles en émergence, les contenus et les modalités de formation des enseignants et des formateurs ainsi que des divers types d’apprenants qu’ils forment), organisationnels (modalités de gestion et de financement, recrutement des enseignants, évaluation, qualification), sociaux (réussite éducative, insertion professionnelle des personnes formées), économiques (injonctions du milieu de travail, offre de formation, coût des infrastructures) et politiques (entre différents ministères ou au sein d’organismes décentralisés). Les microprocessus liés à la formation et à l’apprentissage professionnel, les gestes posés dans des environnements locaux, sont ainsi à comprendre à l’une des dynamiques à l’œuvre dans les mésosystèmes (l’établissement, l’entreprise) et les macrosystèmes (politiques élaborées et ensembles socioculturels). Ce colloque a pour objectif de faire état des recherches portant tant sur ces microprocessus que sur des dynamiques plus globales afin de comprendre comment, dans leur articulation, ils informent les pratiques de la formation professionnelle au quotidien.
Thème du colloque :