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Stéphane LABBÉ : UQTR- Université du Québec à Trois-Rivières
Au Québec, l'analyse des relations entre culture et territoire s'est le plus souvent traduite par l'étude de l'offre culturelle déployée ou des pratiques des publics selon un découpage territorial donné. D'ailleurs, depuis les années quatre-vingt-dix, la très grande majorité des statistiques culturelles produites au Québec utilise un découpage selon les régions administratives du Québec, à savoir la typologie des espaces culturels régionaux développée par Harvey et Fortin (1995) sur la base de l'offre culturelle.
Or, selon la nature de l'objet étudié, notamment le type de pratique culturelle à laquelle on réfère, et la typologie territoriale, y incluant l'échelle, doit faire l'objet d'un choix adéquat et cohérent. Peut-on recourir à une même échelle territoriale pour l'analyse de phénomènes tels que la fréquentation d'une bibliothèque et celle d'une salle de théâtre? Qu'en est-il des pratiques numériques, lesquelles ne sont pas ancrées dans un territoire : peuvent-elles être comparées sur la même base que des pratiques pour lesquelles le lieu physique importe?
À la lumière de travaux menés à partir de la typologie de Harvey et Fortin (1995), cette communication présente les résultats de recherche sur les comparaisons territoriales à deux échelles différentes : régionale et municipale, et pour des objets culturels variés ou spécifiques. Les résultats montrent l'importance d'un arrimage adéquat entre la nature du phénomène culturel à l'étude et la typologie territoriale utilisée.
La question des publics de la culture appelle à prendre en compte leur importance dans la consolidation d’un espace public (Habermas, 1962) dynamique, susceptible d’accueillir débats et diversité de points de vue, mais aussi à mesurer à l’effet de pratiques culturelles ciblées au sein de communautés de tailles variées.
Les efforts déployés pour que les productions culturelles rejoignent des publics s’avèrent à présent considérables. D’ailleurs, les institutions culturelles comme les musées sont désormais évaluées en fonction de leur capacité à attirer des publics de plus en plus nombreux. La diversité de l’offre en culture, en loisir et en divertissement place différents établissements en concurrence afin d’attirer les non-publics (Jacobi et Luckerhoff, 2010). Les pratiques culturelles, de la lecture à la sortie au théâtre ou au musée, subissent aussi des mutations profondes sur les plans social, esthétique et technologique. Des facteurs propres à certains arts ou régions, tels les changements apportés aux politiques gouvernementales, les nouvelles technologies, le vieillissement de la population et la désindustrialisation participent à l’accélération de ces mutations.
Dans un contexte où les productions culturelles sont de plus en plus considérées comme des outils de développement économique (économie créative et culturelle), la pression de trouver des publics, locaux et touristiques, devient encore plus forte. Le colloque envisagé permettra de réfléchir aux esthétiques qui leur sont destinées et aux technologies qui façonnent leur expérience, aux stratégies mises en œuvre pour communiquer avec eux, à l’éducation nécessaire pour que le non-initié ait accès à des formes de culture et d’art plus sophistiquées, et aux lieux et aux pratiques qui cherchent à attirer et à fidéliser leurs usagers. Trois axes seront priorisés : 1) Esthétique; 2) Communication et éducation; 3) Théories et méthodes.