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Gabriel Gaston Tata : Pontificia Università Urbaniana
Dans cette communication, le principe herméneutique privilégié est la quête de la vie dans son unité, laquelle est conçue par les africains comme valeur « archétypale », appelée à être maintenue grâce aux relations personnelles et communautaires. En Afrique, l'évènement-naissance constitue un rite communautaire d'accueil, d'initiation et d'intégration avec un schéma actanciel diversifié de personnages. En effet, si la venue d'un enfant au monde est un événement très important, c'est parce qu'il vient renforcer l'unité de vie de la communauté. Les relations de solidarité s'inscrivent dans la logique de la continuité de la vie. C'est à la lumière d'une telle continuité que peuvent s'expliquer les attitudes pédagogiques des adultes à l'égard de l'enfant, ainsi que les motivations psychologiques qui sous-tendent les cérémonies rituelles de la dation de nom et de l'initiation. Des tels systèmes « éducatifs » cherchent à unifier et renforcer le « moi » individuel tout en aidant l'individu à se situer dans le monde social ainsi que dans l'univers cosmique. La famille, le groupe de la classe d'âge et la société intègrent ou initient le jeune, non seulement à entrer dans le secret des codes communautaires, mais surtout à commencer à vivre dans l'esprit de la communion participative, c'est-à-dire à renforcer la vie communautaire. Ainsi parler du maintien de la vie implique les liens de solidarité, constitutive et morale, dans un double mouvement d'horizontalité et de verticalité.
Les rites religieux et les passages liés au cycle de la vie, dont la concordance caractérisait les sociétés traditionnelles, n’ont plus nécessairement lieu dans nos sociétés hypermodernes. Les baptêmes, les mariages et les rites funéraires religieux persistent. Toutefois, d’autres formes rituelles, qui prétendent souligner les passages de la vie individuelle ou sociale, apparaissent dans le paysage contemporain. Comment se structurent les identités dans l’actualité? Quel rôle la ritualité y joue-t-elle?
L’étude des rites de passage accompagne le développement des sciences humaines et sociales dès les intuitions fondatrices de Van Gennep jusqu’à la liminalité de Victor Turner, la théorisation de l’individualisation par David Le Breton et, plus récemment, la critique rituelle de Ronald Grimes de même que le constat de la transformation et de l’émergence de nouveaux rites de passage par Martine Roberge. Entretemps, des approches interdisciplinaires se sont développées unissant notamment des chercheurs de différents domaines tels que théologie et psychologie, histoire et philosophie, anthropologie et neurosciences, linguistique et arts. En parallèle, les conditions et le contexte de la recherche se sont élargis et ont favorisé la globalisation médiatique et économique, si bien qu’un regard multi ou interculturaliste s’impose.
Le colloque « Les rites de passage aujourd’hui : enjeux et perspectives » prétend rouvrir et relancer le débat par l’entremise de l’analyse critique des approches et des méthodologies des études rituelles, ainsi que de la description ethnographique des rites de passage — autant classiques que nouveaux, religieux que profanes.
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