pen icon Colloque
quote

L'autopornographie de Tobi Hill-Meyer et Madison Young comme témoignages sexuels?

JL

Membre a labase

Julie Lavigne : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Depuis les années 1980, un corpus de plus en plus important de films à caractères pornographiques et féministes a vu le jour. Dans l'étude de ces productions émergentes, nous avons été à même de constater la présence de nombreux cas d'autopornographie : une pornographie entièrement autoproduite, ou plus largement une pornographie produite par la même communauté sexuelle qui fait l'objet du film.Dans cette communication, nous procèderons à l'étude de cas dedeux films que nous considérons autopornographiques—Doing it Ourselves : the Trans Women Porn Project de Tobi Hill-Meyer et Fluid : Women Redefining Sexuality de Madison Young— afin de comprendre les motivations érotiques comme les motifs politiques de cette autopornographie. Nous souhaitons surtout aborder les questions du témoignage et du discours sur la sexualité des femmes cis et trans. Selon Williams (1989), la pornographie mainstream est interprétée comme un discours qui se veut vrai et à la recherche d'aveux corporels authentiques de la jouissance. Paradoxalement, selon une majorité de féministes, la pornographie mainstream s'avère aussi une représentation mensongère de la sexualité des femmes (cis et trans). Au delà des entrevues incluses dans ces deux films, nous nous questionnons à savoir si ces deux films autopornographiques, et plus particulièrement les scènes sexuelles qu'ils contiennent, peuvent être entendus comme des témoignages visant un changement de perception de la sexualité des femmes (cis et trans) ?

Résumé du colloque

On assiste aujourd’hui à une prolifération jamais vue, dans l’espace public, de récits personnels portant sur la sexualité et l’inclusion sociale. Il y est question d’orientation sexuelle, d’expression de genre, de séropositivité au VIH, de travail du sexe, de non-monogamie, d’agression sexuelle. Les sujets abordés sont tabous, et ceux qui les relatent s’exposent à l’opprobre et à la non-reconnaissance, que ce soit par la criminalisation, la pathologisation ou la stigmatisation. Les histoires véhiculées participent ainsi à l’expansion d’un discours sur la justice sociale et la reconnaissance au moyen de cultures démocratiques, éthiques et pornographiques déterminées. Plusieurs auteurs confirment que ce discours s’inscrit dans le sillage des nouvelles technologies des médias et des différentes formes d’intervention et d’action culturelle menées par des groupes minoritaires. Au-delà des individus donc, et à travers le récit au « je », s’exprime une parole collective qui articule non seulement une identité et des valeurs singulières, mais aussi des manœuvres politiques et une volonté d’action sociale. Émergent plusieurs « cultures du témoignage » qui impliquent des personnes témoins, d’autres qui sollicitent les témoignages, d’autres enfin qui les consomment, et l’environnement social et médiatique dans lequel ces récits prennent effet, tant sur le plan de leur production que sur celui de leur réception.

Ce colloque de trois jours vise à mettre en commun des réflexions d’actualité issues des sciences sociales, des arts, de l’éducation, de la santé et du milieu sociocommunautaire. Il s’adresse aux personnes dont le travail, la recherche ou les études concernent les pratiques, les usages et les retombées du témoignage public comme stratégie d’intervention dans la société actuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Maria nengeh Mensah
section icon Date : 10 mai 2016

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :