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Gabriel Jobidon : Université Laval
Les autorités gouvernementales utilisent historiquement une approche contractuelle transactionniste, ou discrète, pour l'approvisionnement en travaux de construction. Cette approche est principalement basée sur l'échange d'un service ou d'un bien contre de l'argent, en prenant pour acquis qu'aucune autre relation entre les parties n‘existe ou existera. Cette approche se fonde sur la maximisation du profit individuel, souvent au détriment de celui des autres parties prenantes. L'approche discrète tente également d'anticiper et de prévoir tous les effets futurs d'une relation et de les ramener au présent, une opération complexe aux aléas nombreux, ce qui laisse douter de sa capacité à opérationnaliser le développement durable.
Ian MacNeil a développé et mis en application la théorie du nouveau contrat social, dans laquelle il a identifié neuf normes communes aux contrats. Selon sa théorie, tout contrat comporte une part de relationnel qualifiable par la caractérisation des normes du contrat en fonction du spectre discret-relationnel. Cette approche met en exergue des valeurs telles la confiance, la solidarité, la mutualité, la prise en compte du contexte social et la séparation des risques et des bénéfices. Ces valeurs concordent avec les principes de conception intégrée qui permettent la création d'infrastructures adaptées aux besoins de l'utilisateur final et ainsi opérationnaliser les enjeux du développement durable dans le domaine de la construction publique.
Le développement durable (DD) est reconnu comme étant une nécessité absolue pour faire face à la pénurie des ressources, aux changements climatiques et autres impacts négatifs de l’activité anthropique. Or, le mouvement doit être plus global pour parvenir à une transition qui passe également par des transformations de nos comportements et de nos modes de production et de consommation. C’est ce que l’on peut appeler la transition socio-écologique.
La définition des moyens pour réaliser la transition socio-écologique interroge à plusieurs égards. D’une manière générale, des questions persistent quant aux modalités de gouvernance et d’implication citoyenne à mettre en œuvre pour assurer cette transition. La dynamique de transition socio-écologique, si elle doit être adaptée au terrain et aux besoins de chacun, n’est pas à la portée de tous. Même si de nombreuses initiatives émergent, qui contribuent à cette logique de bottom-up, les différents acteurs de la transition doivent être accompagnés pour y parvenir.
C’est dans ce contexte que les chercheurs ont un rôle à jouer, dans l’accompagnement aux changements vers la transition socio-écologique. La recherche opérationnalisant le DD doit s’inscrire dans une perspective transdisciplinaire (c'est-à-dire interdisciplinaire, intersectorielle et au-delà du milieu universitaire) en lien étroit avec les attentes et les problématiques de terrain. Pour cela, les partenariats entre les acteurs du milieu universitaire, du secteur privé, public, sans but lucratif et citoyen sont des modèles collaboratifs à privilégier. Or, les collaborations multipartites sont souvent difficiles à pérenniser et soulèvent de nombreuses questions sur les méthodes de collaboration. La mise en lumière des partenariats recherche-entreprise-gouvernement-société menés au Québec et en France sur des problématiques communes permet non seulement de montrer le caractère fédérateur de ces problématiques, mais, au-delà, d’apprendre collectivement à opérationnaliser la transition socio-écologique.
Les deux journées visent à montrer l’importance et les défis associés à la coconstruction de projets de société en développement durable vers la transition socio-écologique. De plus, les dialogues entre les disciplines et au-delà des frontières que nous souhaitons mettre en place avant, pendant et après le colloque susciteront très certainement des échanges fructueux et permettront le dépassement de certains clivages scientifiques et institutionnels.
La dimension internationale de ce colloque offre également de nouvelles perspectives de collaborations entre les laboratoires de recherches québécois et français sur ces problématiques universelles. Des partenariats intersectoriels pourront également émerger ou être consolidés.