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Le droit à une alimentation durable : tous à table

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Laure ABRAMOWITCH : Université de Bourgogne

Résumé de la communication

Le droit à l'alimentation dans la tradition juridique, figure parmi les droits fondamentaux de tout être humain et se rattache au droit à la vie et à la dignité. Il implique une attention particulière aux personnes vulnérables, notamment les enfants, les femmes, les personnes en situation de précarité et les personnes âgées. Son effectivité demeure très relative, le rapport 2015 de la FAO recensait « 800 millions de personnes dans le monde qui sont encore victimes de la faim (…) tandis que des millions d'autres encore n'ont pas accès à une alimentation saine ».

Les pouvoirs publics font ainsi apparaître des problématiques nouvelles relatives l'accès à l'alimentation de « manière durable » pour les générations futures. De la même manière, le phénomène sociétal de la recherche d'une alimentation « saine » s'introduit peu à peu dans des textes à valeur juridique contraignante, faisant encore écho au droit à un environnement sain.

Si l'introduction de critères liés à la qualité ne surprend pas s'agissant de l'alimentation, on peut en revanche douter de l'opposabilité de ce droit nouveau (i.e. un droit qui peut être revendiqué devant les tribunaux), qui apparaît comme une extension du droit à l'alimentation lui-même délicat à mettre en œuvre. Entre garantie d'équité et effectivité, la présente contribution vise à identifier l'efficacité des moyens juridiques disponibles pour garantir ce droit à une alimentation durable.

Résumé du colloque

Le développement durable (DD) est reconnu comme étant une nécessité absolue pour faire face à la pénurie des ressources, aux changements climatiques et autres impacts négatifs de l’activité anthropique. Or, le mouvement doit être plus global pour parvenir à une transition qui passe également par des transformations de nos comportements et de nos modes de production et de consommation. C’est ce que l’on peut appeler la transition socio-écologique.

La définition des moyens pour réaliser la transition socio-écologique interroge à plusieurs égards. D’une manière générale, des questions persistent quant aux modalités de gouvernance et d’implication citoyenne à mettre en œuvre pour assurer cette transition. La dynamique de transition socio-écologique, si elle doit être adaptée au terrain et aux besoins de chacun, n’est pas à la portée de tous. Même si de nombreuses initiatives émergent, qui contribuent à cette logique de bottom-up, les différents acteurs de la transition doivent être accompagnés pour y parvenir.

C’est dans ce contexte que les chercheurs ont un rôle à jouer, dans l’accompagnement aux changements vers la transition socio-écologique. La recherche opérationnalisant le DD doit s’inscrire dans une perspective transdisciplinaire (c'est-à-dire interdisciplinaire, intersectorielle et au-delà du milieu universitaire) en lien étroit avec les attentes et les problématiques de terrain. Pour cela, les partenariats entre les acteurs du milieu universitaire, du secteur privé, public, sans but lucratif et citoyen sont des modèles collaboratifs à privilégier. Or, les collaborations multipartites sont souvent difficiles à pérenniser et soulèvent de nombreuses questions sur les méthodes de collaboration. La mise en lumière des partenariats recherche-entreprise-gouvernement-société menés au Québec et en France sur des problématiques communes permet non seulement de montrer le caractère fédérateur de ces problématiques, mais, au-delà, d’apprendre collectivement à opérationnaliser la transition socio-écologique.

Les deux journées visent à montrer l’importance et les défis associés à la coconstruction de projets de société en développement durable vers la transition socio-écologique. De plus, les dialogues entre les disciplines et au-delà des frontières que nous souhaitons mettre en place avant, pendant et après le colloque susciteront très certainement des échanges fructueux et permettront le dépassement de certains clivages scientifiques et institutionnels.

La dimension internationale de ce colloque offre également de nouvelles perspectives de collaborations entre les laboratoires de recherches québécois et français sur ces problématiques universelles. Des partenariats intersectoriels pourront également émerger ou être consolidés.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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