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Le nouveau management public et l'université québécoise : quelle influence?

JB

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Jean Bernatchez : UQAR - Université du Québec à Rimouski

Résumé de la communication

Deux modes d'administration publique se déploient au XXe siècle. Le mode bureaucratique a pour fondement la domination légale. Il s'inspire des règles de droit et repose sur le principe de la hiérarchie des normes. Le pouvoir d'un administrateur public est régi par ce principe et par celui de l'impersonnalité des règles et des procédures qui élimine l'arbitraire dans l'accomplissement de la fonction. L'autre cas de figure, le mode managérial, établit une distinction entre le politique et l'administratif. La première expression du Nouveau management public (NMP) en réaction au mode bureaucratique s'observe dans la Grande-Bretagne de Thatcher et dans les États-Unis de Ronald Reagan avant de s'imposer ailleurs dans le monde, entre autres au Québec. La Loi sur l'administration publique de 2000 consacre le NMP comme vecteur de l'administration publique québécoise. Parmi les principes qui le caractérisent figure entre autres l'attention portée aux processus avec l'adoption de méthodes inspirées du secteur privé. Les fonctions du NMP s'organisent autour de la planification stratégique, de la gestion axée sur les résultats, de la contractualisation, de la reddition de comptes, de l'externalisation de services et de la réduction des déficits. Cette culture de gestion n'est pas imposée aux universités québécoises, mais elle en influence son administration et sa gouvernance. Dans quelle mesure et jusqu'à quel point? L'occasion de la communication permettra de discuter de cette question.

Résumé du colloque

Il y a un demi-siècle, le rapport Parent pavait la voie à une réforme radicale de l’enseignement supérieur au Québec, y compris ses modes de gouverne et de gestion. Rompant avec la centralisation qui prévalait jusqu’alors, l’administration des universités devait faire la part belle à la collégialité. Les professeurs avaient ainsi voix au chapitre, que ce soit au conseil d’administration ou dans les divers comités et commissions mis sur pied à l’échelle de l’université ou de ses unités. Les étudiants étaient eux aussi invités à participer à ces instances et à y faire valoir le point de vue de leurs commettants. Cette conception a largement inspiré les règles et les pratiques au sein de l’Université du Québec nouvellement créée, puis des autres institutions universitaires lors du renouvellement de leur charte.

Depuis, l’université québécoise s’est profondément transformée, sur le plan auntant quantitatif que qualitatif. Les lieux et les modes d’enseignement se sont multipliés, comme se sont diversifiés les profils des étudiants. La recherche a pris une ampleur considérable et le financement des universités est de plus en plus soumis à leur productivité en cette matière. Il n’est plus désormais question de l’administration des universités, mais de leur « gouvernance ». Une logique, que plusieurs associent à la nouvelle gestion publique, impose progressivement sa marque à l’« idée d’université ». L’université doit désormais démontrer son utilité pour l’économie et la société, rendre une myriade de comptes et se doter d’un conseil d’administration dont le rôle et la composition s’inspirent du secteur privé.

Cette transformation tient-elle simplement à un effet de mode ou signale-t-elle plutôt un changement profond dans la gouverne et la gestion des universités, voire dans leur mission? Ce colloque propose d’examiner les manifestations de cette transformation et de dégager ce qu’elle laisse entrevoir pour l’avenir des universités au Québec.

Le colloque a pour but de rendre compte de la transformation de l’université québécoise, de la situer dans un panorama plus général et de réfléchir sur son avenir, en particulier sous l’angle de sa gouverne et de sa gestion. Le colloque vise à soulever les enjeux qui découlent de cette transformation, tant pour les universités elles-mêmes que pour tous ceux qui y œuvrent : dirigeants, étudiants, professeurs et autres groupes d’employés.

Au Québec, peu de chercheurs s’intéressent à la gouverne et à la gestion des universités. Le colloque leur fournira une rare occasion de débattre de ces questions d’importance. Les conférenciers se verront offrir la possibilité de rédiger un chapitre dans un ouvrage collectif qui poursuivra la réflexion amorcée durant le colloque.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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