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Daniel Pearl
Le travail effectué par l'Agence d'Écologie Urbaine de Barcelone (AEUB) se veut une vision projective, intégrante et systémique de l'avenir des villes qui tente d'établir les paramètres environnementaux, économiques et sociaux de la ville et d'en définir le futur. Leurs visions préconisent une ville mixte et compacte, efficace et diversifiée. Dans ce but, ils ont créé des instruments et de nouvelles politiques reliés à la mobilité, la biodiversité, la cohésion sociale et l'utilisation des ressources.
Il existe deux tâches essentielles impliquées dans la phase pré-conceptuelle d'une planification écosystémique pour un quartier :
- Diagnostiquer de manière holistique un contexte au moyen de méthodes qualitatives et quantitatives et découvrir les leviers essentiels ;
- Comprendre le calendrier propre à un contexte multi-échelle, en tenant compte de certaines actions critiques à ne pas négliger et en optimisant les possibilités synergétiques et intégrées.
Alors que la première étape peut comporter l'usage d'indicateurs, d'interviews avec les acteurs du milieu, de charrettes dans la communauté et autres formes de modélisation et analyse, la deuxième étape implique la collaboration avec différents niveaux de gouvernement. Le rôle d'une « Agence canadienne d'écologie urbaine » pourrait être d'appliquer ces deux « tâches essentielles » à des études de cas propices dans le contexte canadien. Cette conférence décriera notre état actuel et quelques idées pour l'avenir proche.
Le développement durable (DD) est reconnu comme étant une nécessité absolue pour faire face à la pénurie des ressources, aux changements climatiques et autres impacts négatifs de l’activité anthropique. Or, le mouvement doit être plus global pour parvenir à une transition qui passe également par des transformations de nos comportements et de nos modes de production et de consommation. C’est ce que l’on peut appeler la transition socio-écologique.
La définition des moyens pour réaliser la transition socio-écologique interroge à plusieurs égards. D’une manière générale, des questions persistent quant aux modalités de gouvernance et d’implication citoyenne à mettre en œuvre pour assurer cette transition. La dynamique de transition socio-écologique, si elle doit être adaptée au terrain et aux besoins de chacun, n’est pas à la portée de tous. Même si de nombreuses initiatives émergent, qui contribuent à cette logique de bottom-up, les différents acteurs de la transition doivent être accompagnés pour y parvenir.
C’est dans ce contexte que les chercheurs ont un rôle à jouer, dans l’accompagnement aux changements vers la transition socio-écologique. La recherche opérationnalisant le DD doit s’inscrire dans une perspective transdisciplinaire (c'est-à-dire interdisciplinaire, intersectorielle et au-delà du milieu universitaire) en lien étroit avec les attentes et les problématiques de terrain. Pour cela, les partenariats entre les acteurs du milieu universitaire, du secteur privé, public, sans but lucratif et citoyen sont des modèles collaboratifs à privilégier. Or, les collaborations multipartites sont souvent difficiles à pérenniser et soulèvent de nombreuses questions sur les méthodes de collaboration. La mise en lumière des partenariats recherche-entreprise-gouvernement-société menés au Québec et en France sur des problématiques communes permet non seulement de montrer le caractère fédérateur de ces problématiques, mais, au-delà, d’apprendre collectivement à opérationnaliser la transition socio-écologique.
Les deux journées visent à montrer l’importance et les défis associés à la coconstruction de projets de société en développement durable vers la transition socio-écologique. De plus, les dialogues entre les disciplines et au-delà des frontières que nous souhaitons mettre en place avant, pendant et après le colloque susciteront très certainement des échanges fructueux et permettront le dépassement de certains clivages scientifiques et institutionnels.
La dimension internationale de ce colloque offre également de nouvelles perspectives de collaborations entre les laboratoires de recherches québécois et français sur ces problématiques universelles. Des partenariats intersectoriels pourront également émerger ou être consolidés.