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Le théâtre autochtone et les avant-gardes : la reconnaissance problématique d'une double marginalité et son dépassement

JC

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Jean-François Côté : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Une partie importante de l'expression théâtrale autochtone contemporaine s'est inscrite résolument à l'enseigne de l'expérimentation menée par les avant-gardes. Dans une recherche récente, j'ai pu en effet montrer les liens unissant les expressions théâtrales d'Ondinnok, de Monique Mojica et de Drew Hayden Taylor, respectivement, aux expérimentations d'Antonin Artaud, Gertrude Stein et Bertolt Brecht, situant ainsi leurs expressions théatrales dans une tradition artistique qui prolonge et infléchit cette dernière selon des orientations autochtones. Certains problèmes apparaissent toutefois dans ce contexte, liés à la marginalité dans laquelle se tiennent à la fois l'expérimentation avant-gardiste au sein du théâtre, ainsi que l'expression théâtrale autochtone elle-même. Comment sortir, du point de vue de la réception du théâtre autochtone contemporain, de cette double marginalité ? Comment évaluer le rapport entre l'expression théâtrale autochtone et son statut au sein de la communauté théâtrale, d'abord, et de la communauté au sens large, ensuite ? Quel ordre de reconnaissance artistique, sociale et culturelle peut-on envisager afin que l'expression théâtrale autochtone trouve sa juste réception au sein de la société contemporaine ?

Résumé du colloque

Présent partout dans les Amériques (et aussi au-delà), le mouvement de renaissance des cultures autochtones se manifeste dans divers domaines, mais particulièrement dans les arts, comme le théâtre, le cinéma, la musique, la littérature (romans et poésie), la peinture et la sculpture. Prenant appui à la fois sur des aspects traditionnels et historiques des Premières Nations, cette renaissance culturelle table également sur les moyens d’expression les plus contemporains pour prendre forme.

Cette renaissance autochtone, au-delà de ses caractéristiques culturelles, possède également des échos sur les plans social et politique, à la fois auprès des populations autochtones elles-mêmes et des sociétés plus larges dans lesquelles celles-ci évoluent. Mais comment se présentent alors les enjeux et défis de la renaissance des cultures autochtones au sein de notre société? Quels en sont les tenants et aboutissants du point de vue des transformations qu’elle implique (pour les autochtones et les non-autochtones) et de la reconnaissance qu’on lui accorde? Comment les sciences humaines (sociologie, anthropologie, études littéraires, cinématographiques, musicologiques, etc.) se situent-elles par rapport à la reconnaissance de la renaissance autochtone? Et quelle position doivent-elles adopter, du point de vue méthodologique, théorique et même épistémologique, afin de permettre que cette reconnaissance ne soit pas seulement un nouvel avatar de la domination qu’elles ont souvent exercée vis-à-vis de populations autochtones? Quelles sont les implications logiques, éthiques et esthétiques de la reconnaissance d’une renaissance autochtone se produisant au sein de nos sociétés?

C’est à ce genre de questions que notre colloque voudrait s’ouvrir, en présentant les contributions de chercheurs intéressés par la manière de contribuer à une reconnaissance équilibrée de la renaissance autochtone.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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