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Annie Fontaine : Université Laval
Fondée sur une démarche d'« aller vers » les personnes plus ou moins marginalisées en intégrant leurs milieux de vie, le travail de rue constitue une forme d'intervention difficile à modéliser puisqu'elle engage un constant renouvellement du sens et des formes qu'elle adopte en fonction des contextes où elle se déploie, des acteurs qui la mettent en œuvre, des personnes qui sont rejointes et des situations rencontrées. Ainsi, comme cette intervention hors-murs s'appuie sur un processus d'acculturation partielle au milieu investi et sur une démarche de personnalisation des liens créés avec les destinataires, l'étude du travail de rue suggère de s'intéresser à la négociation des significations et des usages accordés à cette pratique au fil des interactions qui participent à son émergence et à sa mise en œuvre. Après avoir résumé les modalités d'une recherche menée au sein de cette communauté de pratique, la présente communication mettra en relief la manière dont les travailleurs de rue négocient la définition de leur pratique entre eux et avec divers acteurs (jeunes, partenaires, bailleurs de fonds) et comment ils perçoivent l'effet de cette négociation plurielle sur l'adéquation de leur pratique auprès des jeunes plus ou moins en rupture sociale.
Les transformations survenues au cours des vingt dernières années dans la société, et dans le monde du travail en particulier, ont accentué la nécessité de former des professionnels capables de faire face aux multiples défis et enjeux de l’actualité et ont conduit les universités à ajuster leurs programmes de formation. Axée sur le développement de compétences professionnelles, la formation offerte dans différents champs d’activité (p. ex. : éducation, travail social, sciences de la santé, etc.) vise de plus en plus le développement d’un processus réflexif du futur professionnel autour de sa propre pratique. Or, malgré des avancées significatives, le besoin de bonifier la compréhension des acteurs du processus et des savoirs construits par les professionnels eux-mêmes est toujours présent. On comprend aujourd’hui que la pratique constitue un espace original et autonome de construction de connaissances et de formation. Pour plusieurs professionnels, la pratique constituerait même la dimension la plus importante de leur formation. Pourtant, nos connaissances sur les pratiques professionnelles, comprises comme des actes singuliers d’un ou de plusieurs professionnels — ce qui comprend à la fois les actions et les interactions situées, de même que les significations qui leur sont attribuées par les praticiens ainsi que les différents contextes qui les encadrent — sont encore lacunaires. En ce sens, il est légitime de chercher à dresser un portrait des études sur les pratiques professionnelles en tentant de répondre à un certain nombre d’interrogations : quelles conceptions de la pratique professionnelle dans les métiers relationnels sont véhiculées dans la recherche scientifique? Quelles intentions animent les chercheurs sur cette question? Quelles dimensions de la pratique sont privilégiées? Par quels dispositifs méthodologiques ces recherches accèdent-elles à la pratique?
L’objectif principal de ce colloque est d’assurer des échanges d’idées et de susciter des débats autour de travaux scientifiques, dans différents champs des métiers relationnels, portant sur l’analyse des pratiques professionnelles. Le colloque a pour but de dresser un portrait de la recherche portant sur les pratiques professionnelles dans les métiers relationnels (enseignement, travail social, sciences de la santé, etc.) en dégageant d’une part, les intentions qui animent la réalisation de ces études et les conceptions de la pratique professionnelle qui leur sont sous-jacentes et, d’autre part, les dimensions des pratiques professionnelles analysées ainsi que les dispositifs d’accès à ces pratiques mis de l’avant par les chercheurs.
Thème du colloque :