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Oulai Goué : Université de Montréal
La décision prise par le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) d'exempter de taxes Netflix, YouTube (Google) & Co., à l'issue des audiences sur la télévision de septembre 2014 a suscité une certaine réaction de la part d'un bon nombre d'acteurs des industries culturelles et créatives qui voient dans la montée en puissance de ces nouvelles plateformes de contenu en ligne, les signes avant-coureurs du péril de la culture canadienne. D'un côté l'ogre américain et sa puissance financière en appui à ses produits culturels, et de l'autre le petit poucet canadien devant composer avec un environnement hautement régulé et une rareté de capitaux à disposition.
Mais à rebours d'une compréhension de l'« exemption nouveaux médias » comme le prolongement d'un CRTC amorphe et incapable de prendre position pour les intérêts de la culture canadienne, on pourrait y voir plutôt une emprise de la position du (juste) milieu que lui imposent des impératifs de culture et d'économie.
[1]Des audiences publiques Parlons télé : une conversation avec les Canadiens dont le projet a été lancé en octobre 2013.
Le terme « numérique » est partout présent, qu’il s’agisse d’économie, de culture, de surveillance, etc. Une expression telle que « société numérique » est même devenue d’usage commun. Les gouvernements ont adopté des stratégies en la matière. Il est indéniable que les informations transitent dorénavant sous forme de codage binaire, et que les réseaux et les écrans de toutes sortes sont omniprésents dans toutes les activités de la vie quotidienne. Mais qu’en est-il vraiment de l’influence du numérique dans la transformation de nos sociétés, notamment dans les sphères de la culture et des médias?
Pour répondre à ce questionnement, voici des pistes de réflexion et autant de sous-thèmes sur lesquels nous solliciterons des interventions :
1) Le terme « numérique » s’avère avant tout de l’ordre du discours. Est-il possible de lui trouver une filiation avec d’autres syntagmes datés comme « société câblée » ou « société de l’information »? Quels rapports a-t-il avec des notions plus récentes telles que « Web collaboratif » et « industries créatives »? Dans quelle mesure peut-on considérer qu’il s’agit d’un discours idéologiquement orienté? Ou qu’il constitue un jalon dans la réflexion épistémologique?
2) Le terme « numérique » s’impose ainsi dans un ensemble de pratiques sociales. Il favorise de nouveaux modes de création, circulation et appropriation de la production culturelle et médiatique qui provoquent d’importants changements sans pour autant faire table rase du passé. Comment se redynamise le terrain de la culture et des médias où les formes dominantes côtoient des formes résiduelles? Peut-on parler de dynamiques numériques transversales? Que dire des transformations amorcées au sein des organisations et des métiers, à l’instar de celui du journalisme? Plus globalement, le numérique facilite-t-il la surveillance, la domination de la technique ou du capitalisme, ou est-il un facteur d’émancipation? Dans quelle mesure peut-on dépasser ce dualisme?
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