Veuillez choisir le dossier dans lequel vous souhaitez ajouter ce contenu :
Membre a labase
Raphael Picard : Paris School of Business
Cette présentation analyse les stratégies et les processus d'acceptabilité sociale des projets miniers et d'hydrocarbures à partir d'une interprétation par les compagnies de leurs approches et de leurs performances. Les informations et les données d'un questionnaire sur quatre thèmes (RSE, Acceptabilité Sociale, Engagement Communautaire et Relations avec les Premières Nations) rempli par les compagnies minières/d'hydrocarbures sont révélatrices. Les exigences et les lignes directrices des lois sur les évaluations environnementales ont beaucoup d'incidences sur les actions de consultation des parties prenantes par les compagnies. Les parties prenantes ont une influence marquée sur l'analyse des projets, sur les retombées, sur la mitigation des impacts environnementaux et sur la conduite des enjeux. Les réponses permettent d'expliquer plusieurs priorités et stratégies d'implantation des projets. Un modèle de quantification des réponses a été conçu afin de cerner des indicateurs quantitatifs pour évaluer la performance des compagnies de l'application des quatre thèmes dans leurs projets. Les compagnies échantillonnées performent fortement en matière d'acceptabilité sociale des projets, le Développement Durable est un axe de performance pour la RSE, l'engagement communautaire est en développement et les négociations avec les Premières Nations sont des défis de gestion.
L’acceptabilité sociale a émergé alors que des projets et des décisions privés comme publics font l’objet d’une contestation grandissante aux niveaux local, national et parfois international. Issue de la controverse, elle traduit le jugement des populations à propos des politiques ou des projets proposés par les décideurs et les promoteurs. Ce jugement populaire est tributaire d’un processus de construction sociale à travers lequel sont formulées les solutions de remplacement face à une situation donnée. Ce jugement est dynamique et peut se transformer au gré des débats sociaux, des enjeux et de l’évolution des valeurs dont il est l’incarnation. Dans cette perspective, l’acceptabilité sociale ne saurait être confinée à la gestion judicieuse d’un projet ou à l’implantation d’une politique au moment de sa promotion ou de son lancement.
En effet, les entrepreneurs doivent prendre acte de la manière dont le progrès est envisagé par les acteurs sociaux tandis que les décideurs publics ne peuvent plus se contenter de mobiliser le processus de démocratie représentative. Les décideurs espèrent parfois canaliser cette dynamique en recourant à des instances de dialogue social dans le cadre d’une démocratie de plus en plus participative. Mais ces instances ne peuvent alors plus jouer le rôle pacificateur qu’on leur prête, car elles demeurent des lieux de débats où s’affrontent des visions du monde qui devront, ultimement, faire l’objet d’arbitrages.
Ce colloque vise à resituer les enjeux de l’acceptabilité sociale dans le cadre d’une réflexion sur les modalités de la démocratie participative et l’action des mouvements sociaux ainsi que sur la vision du progrès et du collectif. Il s’agit de saisir comment s’articulent les débats et les conflits sociaux à l’occasion du lancement de projets industriels et de politiques publiques, et d’évaluer le potentiel et les défis des instances démocratiques intermédiaires à construire des compromis qui se projettent dans une vision d’avenir du développement.