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Les conditions du vraisemblable dans le croire contemporain

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Oriane Elatri : Université Laval

Résumé de la communication

L'exposé portera sur les manières de croire des individus au sein des « Nouveaux Mouvements Religieux » en Occident. Plus précisément, il s'agit de décrire la façon dont les individus s'approprient aujourd'hui des contenus de croyances qui peuvent sembler de prime abord incohérentes ou invraisemblables, dans la mesure où elles paraissent en contradiction avec l'ensemble des croyances collectives. Souvent perçues comme des savoirs, les croyances collectives constitueraient les « conditions du vraisemblable » d'une croyance religieuse. Comment alors un individu (sain d'esprit) peut-il croire à de telles croyances « invraisemblables » ?

Nous prendrons comme point de départ les analyses sociologiques du phénomène contemporain dit de « bricolage religieux » à l'œuvre dans le « marché des biens de salut », qui expliquent le fait que les individus adoptent des croyances, de manière souvent éphémère, en fonction du besoin de trouver un sens à leur existence. Ce n'est pas ce besoin en tant que tel qu'il s'agit d'étudier, mais le fait qu'il soit décrit comme étant le fondement de l'adoption, utilitaire, d'une croyance, quitte à faire l'impasse sur la justesse de son contenu.

Cette manière inédite d'appréhender le religieux ­— de la pratique du yoga « à l'occidentale » au scientisme— traduit in fine une nouvelle manière d'appréhender la valeur et la notion de vérité à l'œuvre dans le fait de croire.

Résumé du colloque

Si le phénomène religieux continue d’évoluer dans des sphères qui lui étaient propres, il se maintient également là où on pensait le voir disparaître et rejaillit là où on ne l’attendait pas : milieux artistiques, entreprises de tendance, établissements de santé, médias, système scolaire, monde politique, débats féministes et arène juridique. Pour cette raison, les manifestations du religieux suscitent parfois des incompréhensions, voire des tensions entre des systèmes de valeurs perçus ou présentés comme concurrents, et entrent dans les débats publics par le biais des arènes médiatique et politique. Ces points de contact contribuent à transformer, en retour, le religieux. En effet, celui-ci se nourrit et se transforme à partir de ses interactions avec la sphère séculière, qu’il s’agisse d’objets, d’individus ou de lieux, mais aussi de l’État, du droit et de régulations propres aux sociétés de consommation. L’« activité religieuse en train de se faire » procède dès lors de la confrontation circonstancielle du religieux avec ces éléments. Le fait religieux n’est jamais un donné, mais plutôt un produit qui peut se définir ou dont l’existence peut être remise en cause à tous moments. Dans ce contexte, on assiste aujourd’hui à un paradoxe : alors même que la présence de champs traditionnels du savoir universitaire, comme la théologie ou l’exégèse, paraît menacée au sein des universités, une compréhension scientifique globale du religieux est plus que jamais nécessaire. En effet, si la complexification du champ religieux bouleverse toujours plus les frontières des champs disciplinaires, elle en souligne aussi la complémentarité. Le colloque vise donc à répondre aux questions suivantes : quels sont les nouveaux lieux d’émergence et d’expression du religieux? Dans quelle mesure les savoirs universitaires permettent-ils d’en saisir les déplacements? Quels enjeux épistémologiques implique l’analyse interdisciplinaire du phénomène religieux contemporain?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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