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Les effets de la concertation citoyenne sur le Grand projet urbain Paris Nord-Est depuis son origine

JD

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Jacqueline De Bony : Centre national de la recherche scientifique

Résumé de la communication

Si les grands travaux urbains incluent légalement une phase de concertation pour permettre aux associations locales de faire entendre leurs voix, celle-ci se réduit trop souvent à une chambre d'enregistrement. De quelle marge de manœuvre disposent réellement les associations locales? Quels sont les effets, la portée et l'impact de la concertation sur la réalisation de ces travaux d'aménagements ?

Inscrit dans le Grand Projet de Rénovation Urbaine (GPRU) de Paris en 2002, Paris Nord-Est couvrait initialement 200 hectares répartis en 9 secteurs d'aménagement sur les 19° et 18° arrondissements. En 2013, ce projet s'est étendu à 600 hectares en englobant les gares du Nord et de l'Est vers le sud et, vers le nord, des terrains sur les communes d'Aubervilliers et de Saint Denis. Cette recherche restitue et analyse le déroulement de la concertation citoyenne associée au plus grand GPRU parisien de son origine à nos jours. Ce travail décrit en détail la concertation sur le 18° dont « Chapelle International » projet initié en 2009 et maintenant en phase de réalisation. Elle analyse les moyens pris par l'association ASA PNE 18 pour s'imposer dans la concertation. En effet, ASA PNE 18 incite les décideurs à mobiliser les outils de concertation usuels (site internet, local, garant, comités de suivi etc.) et élabore ses propres outils de concertation (blog, charte, gestion du temps et des délais, ordre du jour des comités de suivi, propositions alternatives…)

Résumé du colloque

On constate un certain flou quant à l’évaluation des effets de la participation du public en aménagement et en urbanisme qui contraste avec la clarté du besoin de son intégration à la prise de décision. La question « à quoi la participation du public en aménagement, sous ses différentes formes, donne-t-elle lieu? » reste largement ouverte, et ce, d’autant plus que d’autres facteurs, extérieurs au dispositif participatif, peuvent avoir un effet tout aussi important sur la décision finalement prise.

À cet égard, l’action publique ne résulte pas d’un canal unique et unidirectionnel : elle est plutôt le fruit d’un processus de construction et d’interactions qui provoque des conflits, des ajustements et des retours en arrière, suivis de progressions. Aussi, les expériences de participation publique ont des retombées qui ne peuvent être envisagées uniquement comme des résultats limités dans l’espace et dans le temps. Certains de leurs résultats peuvent parfois se diffuser, plus ou moins consciemment, dans les pratiques des acteurs impliqués.

Il paraît pertinent de s’intéresser à ces diverses formes de la participation : institutionnelle, non institutionnelle, présentielle, en ligne, politisée ou moins politique. Comment la participation au sein d’un dispositif interagit-elle avec la participation dans les autres canaux? Comment les processus de participation des usagers de l’espace sont-ils saisis par l’organisation institutionnelle? Comment les chercheurs parviennent-ils à aborder ces processus expérimentaux, qui prennent forme dans l’espace urbain, sans être liés aux modes habituels de concertation locale?

Ce colloque souhaite apporter des éléments de réponse à ces questions en s’appuyant sur des expériences et des réflexions issues de recherches menées dans différents contextes, notamment québécois, français et suisses.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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