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Cécile Mathou : Université de Montréal
Cette communication s'inscrit dans la démarche de présentation des divers axes de recherches de la Chaire de recherche du Canada en politiques éducatives en ce qui a trait à l'étude de la politique québécoise de gestion axée sur les résultats (GAR) en éducation. Nous présentons les résultats et analyses d'un axe «micro-politique» qui porte sur la mise en œuvre de la GAR au sein des écoles secondaires et sur la réception politique par les enseignants. L'enquête a été menée dans trois écoles d'une même commission scolaire où nous avons identifié une logique de médiation qui amplifie la GAR et qui, ultimement, peut mener à une intensification de la gestion du travail pédagogique des enseignants. Comment les enseignants y répondent-ils et quelles sont les conséquences sur leur autonomie professionnelle? Nous montrons qu'ils oscillent entre différentes formes pragmatiques de réponses à la GAR. Au final, leur marge de manoeuvre s'effrite ou se transforme, tant en ce qui a trait à leur autonomie de pratiques qu'à leur autonomie de réflexion.
Cécile Mathou est doctorante en éducation comparée et fondements de l'éducation à la Faculté d'éducation de l'Université de Montréal. Elle réalise sa thèse sous la direction de Christian Maroy.
Samuel Vaillancourt est agent de recherche pour la Chaire de recherche du Canada en politiques éducatives. Il a contribué aux deux grands projets de recherche menés par cette chaire afin d'étudier la politique de la GAR en éducation au Québec.
La gestion axée sur les résultats (GAR) au Québec et le pilotage par les résultats en France sont des versions singulières des politiques de responsabilisation ou d’accountability, qui se développent depuis la fin du siècle dernier dans divers systèmes éducatifs. Elles visent par des voies et des pressions institutionnelles diverses à changer les pratiques des écoles et des enseignants pour les rendre plus « efficaces » et ainsi contribuer à réaliser les objectifs des politiques ministérielles, dont les buts sont souvent d’améliorer les taux de diplomation, les taux de réussite aux épreuves ministérielles, mais aussi de contribuer à réduire le décrochage scolaire.
Le colloque a pour ambition de mener une réflexion générale et un bilan de ces politiques dans les systèmes éducatifs européens et nord-américains : que sait-on sur les effets des politiques de responsabilisation sur les résultats scolaires? sur les enseignants? sur les organisations éducatives? Comment ces politiques sont-elles mises en œuvre par les autorités scolaires intermédiaires (commissions scolaires, académies)? Quelles significations ont-elles pour la gestion scolaire au sein des établissements? Comment ces transformations sont-elles introduites, imposées, ou négociées au cœur des organisations scolaires? Quels effets engendrent-elles sur le travail et l’autonomie professionnelle des enseignants?
La visée de ce colloque est donc de dresser un premier bilan et d’ouvrir un espace de discussion sur l’avenir de ces politiques en allant au-delà de l’opposition stérile entre les apologies institutionnelles excessivement confiantes et les dénonciations de principe.
Il s’appuie sur des résultats de recherche empiriques originales menées au Québec dans le cadre de la Chaire de recherche du Canada en politiques éducatives (Christian Maroy, Université de Montréal) et en France dans le cadre de l’Observatoire sociologique du changement (Agnès van Zanten, CNRS/ Sciences PO).