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L'étude participative sur les savoirs autochtones et l'utilisation des ressources et du territoire : outil d'apprentissage et de construction de l'acceptabilité sociale des projets

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Benoit Théberge : Transfert Environnement et Société

Résumé de la communication

Afin d'améliorer l'acceptabilité sociale des projets, la recherche de l'accord des Premières Nations est devenue un élément incontournable qui s'ajoute aux exigences de l'examen environnemental. Le chemin est souvent tracé d'avance, à coup d'ententes administratives définissant les modalités de collaboration et de retombées à négocier à long terme. La légitimité de ce processus sera justifiée par des questions de droits, d'intérêts et de pratiques culturelles à protéger, sans que ceux-ci ne soient véritablement intériorisés par l'équipe de projet, et parfois aussi par les représentants des Premières Nations eux-mêmes.

Dans la planification des projets, la collecte d'information sur les savoirs autochtones et l'utilisation des ressources et du territoire (SAURT) relève d'une exigence gouvernementale et est souvent perçue comme un travail clérical et descriptif alors qu'il s'agit, au contraire, d'un premier rendez-vous important avec la communauté autochtone avec laquelle l'entreprise est en contact.

La présentation dressera un portrait de diverses études de type SAURT réalisées au Québec et ailleurs au Canada, de façon collaborative avec les conseils de bande et les groupes constitutifs de la communauté autochtone. Nous évaluerons comment cette façon de faire permet de relever les savoirs présents dans la communauté, d'en faire un exercice profitable en matière de dialogue, d'apprentissage et de prévention des conflits sociaux, et d'encourager le partage d'information.

Résumé du colloque

L’acceptabilité sociale a émergé alors que des projets et des décisions privés comme publics font l’objet d’une contestation grandissante aux niveaux local, national et parfois international. Issue de la controverse, elle traduit le jugement des populations à propos des politiques ou des projets proposés par les décideurs et les promoteurs. Ce jugement populaire est tributaire d’un processus de construction sociale à travers lequel sont formulées les solutions de remplacement face à une situation donnée. Ce jugement est dynamique et peut se transformer au gré des débats sociaux, des enjeux et de l’évolution des valeurs dont il est l’incarnation. Dans cette perspective, l’acceptabilité sociale ne saurait être confinée à la gestion judicieuse d’un projet ou à l’implantation d’une politique au moment de sa promotion ou de son lancement.

En effet, les entrepreneurs doivent prendre acte de la manière dont le progrès est envisagé par les acteurs sociaux tandis que les décideurs publics ne peuvent plus se contenter de mobiliser le processus de démocratie représentative. Les décideurs espèrent parfois canaliser cette dynamique en recourant à des instances de dialogue social dans le cadre d’une démocratie de plus en plus participative. Mais ces instances ne peuvent alors plus jouer le rôle pacificateur qu’on leur prête, car elles demeurent des lieux de débats où s’affrontent des visions du monde qui devront, ultimement, faire l’objet d’arbitrages.

Ce colloque vise à resituer les enjeux de l’acceptabilité sociale dans le cadre d’une réflexion sur les modalités de la démocratie participative et l’action des mouvements sociaux ainsi que sur la vision du progrès et du collectif. Il s’agit de saisir comment s’articulent les débats et les conflits sociaux à l’occasion du lancement de projets industriels et de politiques publiques, et d’évaluer le potentiel et les défis des instances démocratiques intermédiaires à construire des compromis qui se projettent dans une vision d’avenir du développement.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Emmanuel Raufflet
section icon Date : 10 mai 2016

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