pen icon Colloque
quote

Poïétiques de la catastrophe et de l'œuvre absente : marges et folie du féminin chez Marie Vieux Chauvet

SM

Membre a labase

Stéphane MARTELLY : Université Concordia

Résumé de la communication

En partant du récit de Marie Vieux Chauvet intitulé « Folie » et sur ce qu'il inaugure de nouveau dans le contemporain littéraire haïtien, je voudrais en premier lieu questionner la notion de la catastrophe, dans des termes esthétiques et poïétiques, pour apercevoir quelles nouvelles configurations sont ici inventées qui réorientent durablement le cours de l'histoire littéraire haïtienne.

Prenant alors appui sur ce que je présente comme un texte fondateur, je compte examiner les configurations qui s'appuient sur l'absence et la catastrophe, alors que le féminin, comme dissemblance, négocie sa place du côté de la marge ou de la folie. Les réflexions que je propose sur les destinations, sur l'œuvre impossible ou absente (Foucault) me permettent éventuellement de distinguer les processus de différenciation spécifiques de la marge et de la folie, mais surtout d'apercevoir, au cœur du texte littéraire, la folie comme l'absence essentielle où se risque et se joue la création.

À travers cette réflexion, je démontrerai que les expressions du féminin et de la catastrophe appellent un renouvellement de la lecture et de l'écriture critiques, à travers la mobilisation délibérée d'une lecture « impliquée » et d'une écriture littéraire qui les complexifient et les contrarient. Une telle approche de l'oeuvre absente et de la création, permet l'avènement d'un « moment insolite de la théorie» (Felman), qui, dévoilant son propre jeu rhétorique, maintient la théorie en échec tout en la faisant parler.

Résumé du colloque

Ce colloque s’attache aux représentations de la vulnérabilité dans des textes de femmes d’expression française du tournant du siècle pour penser les formes et figures données à la précarité et à la catastrophe, et à la charge politique ou esthétique de ces représentations dès lors qu’elles sont vecteur de transformation. Catastrophe et précarité sont ici deux versants d’un même bouleversement ou d’une même dégradation pouvant s’inscrire dans un rapport de causalité et de complémentarité ou de concurrence et d’opposition. Elles évoquent une violence fondamentale, originelle ou fondatrice, ponctuelle ou systémique ainsi qu’une blessure accidentelle ou intrinsèque qui finissent par devenir les marques d’une posture appelant à des reconfigurations de la subjectivité et de la communauté. Loin de tout essentialisme, la vulnérabilité s’entend au sens d’une condition sociale et politique, voire philosophique et esthétique qui « implique la vie sociale, c’est-à-dire le fait que la vie de quelqu’un est toujours en quelque sorte aux mains d’autrui » (Butler, 2010). De même, la catastrophe comme cataclysme se déploie dans l’horizon d’un anéantissement qui viendrait violemment remettre en question la permanence des structures, des subjectivités et des représentations.

Les réflexions féministes et littéraires sont les perspectives privilégiées par lesquelles les modalités de la mise en discours de la catastrophe et de la précarité seront analysées, autant dans leurs représentations que dans leurs remémorations lorsque l’événement ou l’expérience s’inscrivent dans le passé ou la durée. Seront envisagées des formes variées de la vulnérabilité, de la violence événementielle ou systémique jusqu’aux enjeux littéraires du care (sollicitude), en passant par l’émergence particulière du féminin, les postures de contestation ou d’affirmation, les mécanismes de révolte ou de résistance, voire la violence des sujettes qui précipitent la catastrophe, les postures de résistance se jouant de la précarité.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

Découvrez d'autres communications scientifiques

Autres communications du même congressiste :