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Pornographie gaie et racisme : représentations et attitudes des hommes « racisés » usagers au Québec

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Simon Corneau : UQAM - Université du Québec à Montréal

Résumé de la communication

Plusieurs auteurs soutiennent que la pornographie gaie (hommes entre hommes) n'est nullement à l'avantage de plusieurs groupes sociaux car elle perpétuerait des représentations racistes et stéréotypées. En effet, la pornographie gaiepeut être un médium qui réitère l'idée reçue de l'hypersexualisation des hommes noirs et latins et la dévaluation des hommes asiatiques. De plus, les écrits rapportent que la pornographie n'est pas que le reflet d'une sexualisation de stéréotypes ethnosexuels véhiculés à même les milieux gais, mais qu'elle y contribue. Une étude récente soutient que la pornographie est le seul outil pour les hommes Noirs qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes pour en apprendre sur la sexualité entre hommes. De plus, les publicités de films pornographiques où l'on présente que des hommes Noirs sont celles où les pratiques sexuelles à risque sont plus prévalentes que celles où l'on présente que des hommes blancs. Utilisant les notions de représentations sociales et d'attitudes comme cadre analytique, notre étude de réception, ÉPUR, s'attardera sur un sous-échantillon 71 répondants racisés au Québec et leur usage de pornographie gaie (fréquence, type de médium utilisé, types de pornographie dont ils font le plus usage), leurs représentations quant aux stéréotypes ethnoraciaux et leurs attitudes auto-rapportées en terme d'influence de cette dernière sur leurs préférences ethnosexuelles.

Résumé du colloque

On assiste aujourd’hui à une prolifération jamais vue, dans l’espace public, de récits personnels portant sur la sexualité et l’inclusion sociale. Il y est question d’orientation sexuelle, d’expression de genre, de séropositivité au VIH, de travail du sexe, de non-monogamie, d’agression sexuelle. Les sujets abordés sont tabous, et ceux qui les relatent s’exposent à l’opprobre et à la non-reconnaissance, que ce soit par la criminalisation, la pathologisation ou la stigmatisation. Les histoires véhiculées participent ainsi à l’expansion d’un discours sur la justice sociale et la reconnaissance au moyen de cultures démocratiques, éthiques et pornographiques déterminées. Plusieurs auteurs confirment que ce discours s’inscrit dans le sillage des nouvelles technologies des médias et des différentes formes d’intervention et d’action culturelle menées par des groupes minoritaires. Au-delà des individus donc, et à travers le récit au « je », s’exprime une parole collective qui articule non seulement une identité et des valeurs singulières, mais aussi des manœuvres politiques et une volonté d’action sociale. Émergent plusieurs « cultures du témoignage » qui impliquent des personnes témoins, d’autres qui sollicitent les témoignages, d’autres enfin qui les consomment, et l’environnement social et médiatique dans lequel ces récits prennent effet, tant sur le plan de leur production que sur celui de leur réception.

Ce colloque de trois jours vise à mettre en commun des réflexions d’actualité issues des sciences sociales, des arts, de l’éducation, de la santé et du milieu sociocommunautaire. Il s’adresse aux personnes dont le travail, la recherche ou les études concernent les pratiques, les usages et les retombées du témoignage public comme stratégie d’intervention dans la société actuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Maria nengeh Mensah
section icon Date : 10 mai 2016

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