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Nathalie Cardinal : UQAM - Université du Québec à Montréal
L'intervention a lieu dans une entreprise, située sur la rive-sud de Montréal, spécialisée dans la fabrication de comptoirs de stratifié et de portes thermoplastiques.
Une demande d'intervention ergonomique a été formulée à la suite d'un dépassement des normes de poussière de bois signalé par le Centre intégré de santé et services sociaux de la Montérégie-Est (CISSS) à la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) sur le poste de sablage dans le département des portes thermoplastiques. Le signalement a été émis en raison d'un taux de poussières de bois anormalement élevé. De plus, des risques potentiels de troubles musculo-squelettiques (TMS) ont été repéré sur ce même poste.
Suite à une collecte de données comprenant plusieurs entretiens formels et informels ainsi que des observations et verbalisations au poste avec les travailleuses, il est ressorti que certaines opérations engendrent des contraintes physiques afin de conserver la qualité du produit.
Afin de réduire ces contraintes et les risques associés à plusieurs opérations, une équipe projet a été formée favorisant l'engagement des gestionnaires liés au département et l'implication des employés dans le processus d'amélioration du poste.
Les évolutions de l’emploi et du travail suscitent de nouvelles questions, notamment en ce qui concerne la santé des travailleurs et des travailleuses. En effet, le souhait des organisations d’être performantes sur le plan économique les amène à des décisions qui nuisent, au final, à la santé de ceux et celles qui y travaillent. Par ailleurs, de nombreux travaux montrent l’importance de l’organisation du travail dans le développement de troubles de santé psychologique (TSP) et de troubles musculo-squelettiques (TMS). Ces problèmes touchant les salariés constituent des risques complexes par la multiplicité des agents qui les causent, et se pose la question des modèles que nous avons pour intervenir efficacement en prévention.
Comprendre le contexte dans lequel les entreprises œuvrent devient très important pour adapter les interventions et réussir à agir en prévention. Quels modèles, quels outils sont disponibles pour bien analyser ce contexte? Comment les intervenants mènent-ils leurs actions de prévention? Est-il possible, comme le prétend l’ergonomie, de tenir les enjeux de performances et de santé? Et quelle formation les intervenants doivent-ils détenir pour faire face à ces défis?
Agir de manière durable en prévention suppose de mobiliser des acteurs aux préoccupations différentes. Comment créer une discussion favorable à la prévention entre des services qui poursuivent des objectifs différents? Comment réaliser une « prévention intégrée » au sein d’une entreprise? Comment les acteurs syndicaux jouent-ils leur rôle en matière de prévention? Quant aux superviseurs, au cœur des tensions entre performances et santé, que sait-on de leurs possibilités d’agir en prévention? La formation en milieu de travail est un outil de prévention intéressant, mais comment les activités de formation traitent-elles la question de l’efficacité au travail?
Les interventions à l’échelle d’un milieu de travail suscitent des questions plus larges, qui appellent un renouvellement des concepts et des démarches d’intervention. Les formes précaires de travail telles que le travail saisonnier remettent en question la façon de prendre en compte l’organisation temporelle du travail. De quelles façons les modèles productifs comme le lean peuvent-ils être compatibles avec la santé au travail? Les interventions de prévention font-elles l’impasse sur les dilemmes éthiques vécus au travail? Comment tenir compte du genre dans les interventions?
Autant de questions qui seront abordées dans le cadre de ce colloque réunissant chercheurs, enseignants et étudiants, et praticiens.
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