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Quels publics pour quel cinéma européen? Construction communicationnelle autour d'un objet culturel ambigu

RC

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Raluca Calin : Avignon Université

Résumé de la communication

La question que nous souhaitons traiter ici concerne l'existence même du/des cinéma(s) européen(s)et de ses publics. Vu tantôt comme un art, tantôt comme une industrie, le cinéma européen se définit plus facilement par la négative. Il n'est pas un cinéma national, il n'a pas d'identité propre, il est difficilement identifiable au sein même du territoire européen. Cependant, à l'extérieur de ce territoire il existe comme une évidence, sous une forme unifiée, basée sur une esthétique et une culture communes, comme le montre notre enquête par questionnaire.

Sur la base de nos recherches doctorales, nous considérons ici le cinéma européen comme un objet culturel qui se développe à l'attention d'un public. Qui est ce public ? Comment l'identifier dans la masse spectatorielle ? Comment l'élargir et surtout comment l'atteindre, comment l'éduquer à une image européenne ? Après investigations, les publics du cinéma européen ne parlent pas la même langue, n'ont pas la même culture, ont des nationalités distinctes et défendent leurs différences. Ils sont unis dans leur diversité par un capital culturel commun (héritage) que l'Union Européenne tente de consolider par le biais des programmes culturels.

Notre travail de recherche combine une perspective socioculturelle avec l'analyse des discours afin d'apporter un nouvel éclairage quant à une définition plus précise de cet objet et de ses publics.

Résumé du colloque

La question des publics de la culture appelle à prendre en compte leur importance dans la consolidation d’un espace public (Habermas, 1962) dynamique, susceptible d’accueillir débats et diversité de points de vue, mais aussi à mesurer à l’effet de pratiques culturelles ciblées au sein de communautés de tailles variées.

Les efforts déployés pour que les productions culturelles rejoignent des publics s’avèrent à présent considérables. D’ailleurs, les institutions culturelles comme les musées sont désormais évaluées en fonction de leur capacité à attirer des publics de plus en plus nombreux. La diversité de l’offre en culture, en loisir et en divertissement place différents établissements en concurrence afin d’attirer les non-publics (Jacobi et Luckerhoff, 2010). Les pratiques culturelles, de la lecture à la sortie au théâtre ou au musée, subissent aussi des mutations profondes sur les plans social, esthétique et technologique. Des facteurs propres à certains arts ou régions, tels les changements apportés aux politiques gouvernementales, les nouvelles technologies, le vieillissement de la population et la désindustrialisation participent à l’accélération de ces mutations.

Dans un contexte où les productions culturelles sont de plus en plus considérées comme des outils de développement économique (économie créative et culturelle), la pression de trouver des publics, locaux et touristiques, devient encore plus forte. Le colloque envisagé permettra de réfléchir aux esthétiques qui leur sont destinées et aux technologies qui façonnent leur expérience, aux stratégies mises en œuvre pour communiquer avec eux, à l’éducation nécessaire pour que le non-initié ait accès à des formes de culture et d’art plus sophistiquées, et aux lieux et aux pratiques qui cherchent à attirer et à fidéliser leurs usagers. Trois axes seront priorisés : 1) Esthétique; 2) Communication et éducation; 3) Théories et méthodes.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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