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Quels régimes et quelle politique de la vérité pour l'autopornification en ligne : de la confession à la performance

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Marie Helene BOURCIER : Université de Lille

Résumé de la communication

Les sites et les réseaux sociaux ont démultiplié les possibilités d'autopornification de soi à des fins commerciales, communautaires et politiques. Comment celles-ci se manifestent-elles dans les cultures pornographiques queer et post-porn ? Participent-elles d'une société confessionnelle ou entrent-elles en tension avec cette forme de discipline corporelle et de technologique de l'aveu caractérisée par Foucault ? Quelle relation entretiennent-elles avec la tradition pornographique de l'authenticité portée par le porno amateur ? Quelle est la portée de leur fonction testimoniale suivant les contextes et les dispositifs ? Autobiographique ? Pédagogique ? Performative ? Source d'empowerment ? De transformation sociale ? Favorisent-elles la diffusion de pratiques sexuelles spécifiques (fisting, éjaculation féminine ou BDSM) ? Ont-elles une visée identitaire ? C'est à ce type de question que nous nous efforcerons de répondre en comparant les différents types de communautés queer porn et post-porn on line des deux côtés de l'Atlantique. Du « porn play » (Barbara de Geneviève) au « pornactivisme » ou au « protest porn » (Post-op), de l'Indie Porn Revolution menée par Courtney Trouble à la subculture anarcho-post-porn (Diana Porno Terrorista & co) en passant par la communauté ssspread.com ou « the machine I service » de Shine Louise Houston. Avec en toile de fond une interrogation sur la production et la diffusion des corps et des subjectivations queer en contexte néo-libéral.

Résumé du colloque

On assiste aujourd’hui à une prolifération jamais vue, dans l’espace public, de récits personnels portant sur la sexualité et l’inclusion sociale. Il y est question d’orientation sexuelle, d’expression de genre, de séropositivité au VIH, de travail du sexe, de non-monogamie, d’agression sexuelle. Les sujets abordés sont tabous, et ceux qui les relatent s’exposent à l’opprobre et à la non-reconnaissance, que ce soit par la criminalisation, la pathologisation ou la stigmatisation. Les histoires véhiculées participent ainsi à l’expansion d’un discours sur la justice sociale et la reconnaissance au moyen de cultures démocratiques, éthiques et pornographiques déterminées. Plusieurs auteurs confirment que ce discours s’inscrit dans le sillage des nouvelles technologies des médias et des différentes formes d’intervention et d’action culturelle menées par des groupes minoritaires. Au-delà des individus donc, et à travers le récit au « je », s’exprime une parole collective qui articule non seulement une identité et des valeurs singulières, mais aussi des manœuvres politiques et une volonté d’action sociale. Émergent plusieurs « cultures du témoignage » qui impliquent des personnes témoins, d’autres qui sollicitent les témoignages, d’autres enfin qui les consomment, et l’environnement social et médiatique dans lequel ces récits prennent effet, tant sur le plan de leur production que sur celui de leur réception.

Ce colloque de trois jours vise à mettre en commun des réflexions d’actualité issues des sciences sociales, des arts, de l’éducation, de la santé et du milieu sociocommunautaire. Il s’adresse aux personnes dont le travail, la recherche ou les études concernent les pratiques, les usages et les retombées du témoignage public comme stratégie d’intervention dans la société actuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Maria nengeh Mensah
section icon Date : 10 mai 2016

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