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Réflexion sur les liens entre idéologies religieuses extrêmes se réclamant de l'Islam et les conditions matérielles, économiques et environnementales des pays concernés

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Alain Létourneau : Université de Sherbrooke

Résumé de la communication

Certains ont pu récemment affirmer que c'est bel et bien de religion qu'il est question dans l'idéologie située quelque part entre le wahhabisme et le salafisme, à la source des attentats et conflits armés qu'on connaît sous diverses guises notamment en Afrique et en Afrique du Nord, même s'il s'agirait d'un effet de la « sortie de la religion » (Gauchet, 2016). D'autres ont pu défendre que ces extrémismes sont un effet plus ou moins direct des conditions à la fois économiques et environnementales qui se détériorent depuis quelques décennies spécialement au Moyen-Orient mais aussi dans d'autres régions sub-tropicales ou tropicales (Parenti, 2011; Guzman, 2013). Or William James soutenait que les relations entre phénomènes importent autant sinon plus que les termes qui se trouvent de fait en relation, et sur lesquels en général nous portons notre attention exclusive (Madelrieux, 2008). Le but de cette présentation est de revenir sur les termes de cette discussion en se demandant si le concept de multifactorialité ne pourrait pas être considéré afin de dépasser un diagnostic de pensée causaliste et quelques fois unilatéraliste. On voudra s'arrêter sur ce concept en se demandant s'il débouche sur plus qu'un paradoxe en permettant une approche nouvelle de traitement des problèmes.

Résumé du colloque

Si le phénomène religieux continue d’évoluer dans des sphères qui lui étaient propres, il se maintient également là où on pensait le voir disparaître et rejaillit là où on ne l’attendait pas : milieux artistiques, entreprises de tendance, établissements de santé, médias, système scolaire, monde politique, débats féministes et arène juridique. Pour cette raison, les manifestations du religieux suscitent parfois des incompréhensions, voire des tensions entre des systèmes de valeurs perçus ou présentés comme concurrents, et entrent dans les débats publics par le biais des arènes médiatique et politique. Ces points de contact contribuent à transformer, en retour, le religieux. En effet, celui-ci se nourrit et se transforme à partir de ses interactions avec la sphère séculière, qu’il s’agisse d’objets, d’individus ou de lieux, mais aussi de l’État, du droit et de régulations propres aux sociétés de consommation. L’« activité religieuse en train de se faire » procède dès lors de la confrontation circonstancielle du religieux avec ces éléments. Le fait religieux n’est jamais un donné, mais plutôt un produit qui peut se définir ou dont l’existence peut être remise en cause à tous moments. Dans ce contexte, on assiste aujourd’hui à un paradoxe : alors même que la présence de champs traditionnels du savoir universitaire, comme la théologie ou l’exégèse, paraît menacée au sein des universités, une compréhension scientifique globale du religieux est plus que jamais nécessaire. En effet, si la complexification du champ religieux bouleverse toujours plus les frontières des champs disciplinaires, elle en souligne aussi la complémentarité. Le colloque vise donc à répondre aux questions suivantes : quels sont les nouveaux lieux d’émergence et d’expression du religieux? Dans quelle mesure les savoirs universitaires permettent-ils d’en saisir les déplacements? Quels enjeux épistémologiques implique l’analyse interdisciplinaire du phénomène religieux contemporain?

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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