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Annabelle Allouch : Université de Picardie Jules-Verne
Notre communication vise à présenter les résultats de l'enquête New Age sur l'usage des instruments d'action publique introduits par les réformes de New Public Management au sein des établissements français. Si l'usage de ces instruments apparaît limité du point de vue de la réalisation effective d'une « gestion par les résultats » (Pons, 2016), il affecte de manière décisive les représentations des professionnels (enseignants et personnels de direction) et la manière dont ils se définissent comme « responsables » à l'égard d'autrui. D'un point de vue méthodologique, cette communication vise à présenter les résultats d'une enquête de terrain menée dans six établissements français des académies de Créteil, de Versailles et de Lyon entre 2013 et 2016.
Annabelle Allouch est Maître de conférences en Sociologie à l'Université de Picardie-Jules Verne (CURAPP-ESS/CNRS) et chercheure associée à Sciences Po (OSC/CNRS). Ses recherches portent sur la sociologie des élites et de l'enseignement supérieur dans une perspective comparée France/Royaume-Uni/Etats-Unis. Dans le cadre de sa thèse de doctorat à Sciences Po, elle s'est particulièrement intéressée aux dispositifs de discrimination positive dans l'enseignement supérieur français et anglais, et à ses conséquences sur les modes de sélection en première année et en Master. Elle est actuellement Visiting fellow au Minda de Gunzburg Center for European Studies de l'Université d'Harvard (USA).
La gestion axée sur les résultats (GAR) au Québec et le pilotage par les résultats en France sont des versions singulières des politiques de responsabilisation ou d’accountability, qui se développent depuis la fin du siècle dernier dans divers systèmes éducatifs. Elles visent par des voies et des pressions institutionnelles diverses à changer les pratiques des écoles et des enseignants pour les rendre plus « efficaces » et ainsi contribuer à réaliser les objectifs des politiques ministérielles, dont les buts sont souvent d’améliorer les taux de diplomation, les taux de réussite aux épreuves ministérielles, mais aussi de contribuer à réduire le décrochage scolaire.
Le colloque a pour ambition de mener une réflexion générale et un bilan de ces politiques dans les systèmes éducatifs européens et nord-américains : que sait-on sur les effets des politiques de responsabilisation sur les résultats scolaires? sur les enseignants? sur les organisations éducatives? Comment ces politiques sont-elles mises en œuvre par les autorités scolaires intermédiaires (commissions scolaires, académies)? Quelles significations ont-elles pour la gestion scolaire au sein des établissements? Comment ces transformations sont-elles introduites, imposées, ou négociées au cœur des organisations scolaires? Quels effets engendrent-elles sur le travail et l’autonomie professionnelle des enseignants?
La visée de ce colloque est donc de dresser un premier bilan et d’ouvrir un espace de discussion sur l’avenir de ces politiques en allant au-delà de l’opposition stérile entre les apologies institutionnelles excessivement confiantes et les dénonciations de principe.
Il s’appuie sur des résultats de recherche empiriques originales menées au Québec dans le cadre de la Chaire de recherche du Canada en politiques éducatives (Christian Maroy, Université de Montréal) et en France dans le cadre de l’Observatoire sociologique du changement (Agnès van Zanten, CNRS/ Sciences PO).