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Société et « cis-tème » confessionnels : de l'aveu des intimités trans et des corps sexués dans les médias

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Alexandre BARIL : Université d'Ottawa

Résumé de la communication

Cette communication analyse la «science-aveu» du sexe et de la sexualité, précisément celle des personnes transgenres/transsexuelles (trans) dans nos médias cisgenrenormatifs. La «société singulièrement avouante», son «régime pharmacopornographique» et les médias avides de témoignages et images sensationnalistes proposent souvent des récits et images photos/vidéos dans lesquels l'intimité et les corps des personnes trans sont déshabillés, littéralement et figurativement, pour assouvir les besoins d'un public cisgenre. Comme l'écrit Namaste (2012: 180), «The autobiographical imperative [in the media] requires that transsexuals tell our stories of sex change on demand, that we speak about our bodies, our sexualities, our desires, our genitals, and our deep pain at the whim of a curious non-transsexual person». Cette communication problématise le format de l'«aveu» sexuel/corporel dans lequel s'inscrit l'intérêt des médias pour les personnes trans. À partir d'une approche féministe, queer et transactiviste et une méthodologie auto-ethnographique fondée sur ma propre participation dans un film dans lequel je me suis mis à nu, je soutiens que l'objectification/sexualisation des intimités et corps trans est facilitée par un cis-tème poussant plusieurs personnes trans à vivre une période d'hyper-visibilité exploitée par les médias. Cette communication vise à cultiver une éthique des médias respectueuse vis-à-vis les enjeux trans.

Résumé du colloque

On assiste aujourd’hui à une prolifération jamais vue, dans l’espace public, de récits personnels portant sur la sexualité et l’inclusion sociale. Il y est question d’orientation sexuelle, d’expression de genre, de séropositivité au VIH, de travail du sexe, de non-monogamie, d’agression sexuelle. Les sujets abordés sont tabous, et ceux qui les relatent s’exposent à l’opprobre et à la non-reconnaissance, que ce soit par la criminalisation, la pathologisation ou la stigmatisation. Les histoires véhiculées participent ainsi à l’expansion d’un discours sur la justice sociale et la reconnaissance au moyen de cultures démocratiques, éthiques et pornographiques déterminées. Plusieurs auteurs confirment que ce discours s’inscrit dans le sillage des nouvelles technologies des médias et des différentes formes d’intervention et d’action culturelle menées par des groupes minoritaires. Au-delà des individus donc, et à travers le récit au « je », s’exprime une parole collective qui articule non seulement une identité et des valeurs singulières, mais aussi des manœuvres politiques et une volonté d’action sociale. Émergent plusieurs « cultures du témoignage » qui impliquent des personnes témoins, d’autres qui sollicitent les témoignages, d’autres enfin qui les consomment, et l’environnement social et médiatique dans lequel ces récits prennent effet, tant sur le plan de leur production que sur celui de leur réception.

Ce colloque de trois jours vise à mettre en commun des réflexions d’actualité issues des sciences sociales, des arts, de l’éducation, de la santé et du milieu sociocommunautaire. Il s’adresse aux personnes dont le travail, la recherche ou les études concernent les pratiques, les usages et les retombées du témoignage public comme stratégie d’intervention dans la société actuelle.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
manager icon Responsables :
Maria nengeh Mensah
section icon Date : 10 mai 2016

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