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Tania Morency : Concertation Montréal
Le dialogue avec l'ensemble des parties prenantes est une des caractéristiques fondamentales qui sous-tend toute démarche qui s'inscrit dans l'esprit du développement durable.
Les enjeux, les acteurs et les approches aussi diverses que nombreuses, demandent qu'une réflexion de fond soit faite sur les méthodes pour créer et maintenir un dialogue constructif. Il devient alors pertinent de s'interroger sur les conditions qui favorisent l'engagement et la collaboration avec les parties prenantes dans un contexte multisectoriel.
Comment réussir à amener des acteurs issus d'horizons différents, qui ont des intérêts et des enjeux qui leurs sont propres, aux ressources limitées, à travailler ensemble pour atteindre un objectif commun qui profite à la ville durable ? Quelles sont les conditions propices aux rencontres ? Comment créer l'opportunité ?
L'expérience de Concertation Montréal, par le Carrefour Verdir et le Défi Connexion corridor, propose une première piste de réflexion.
La création d'espaces neutres permet les rencontres multisectorielles, où les enjeux peuvent se définir et les solutions émerger. En misant sur la diversité des acteurs, sur l'écoute et sur l'ouverture, il devient plus aisé d'identifier les points de convergence et de créer des connexions qui mènent aux collaborations innovantes entres les parties, pour contribuer à la durabilité de Montréal.
Le développement durable (DD) est reconnu comme étant une nécessité absolue pour faire face à la pénurie des ressources, aux changements climatiques et autres impacts négatifs de l’activité anthropique. Or, le mouvement doit être plus global pour parvenir à une transition qui passe également par des transformations de nos comportements et de nos modes de production et de consommation. C’est ce que l’on peut appeler la transition socio-écologique.
La définition des moyens pour réaliser la transition socio-écologique interroge à plusieurs égards. D’une manière générale, des questions persistent quant aux modalités de gouvernance et d’implication citoyenne à mettre en œuvre pour assurer cette transition. La dynamique de transition socio-écologique, si elle doit être adaptée au terrain et aux besoins de chacun, n’est pas à la portée de tous. Même si de nombreuses initiatives émergent, qui contribuent à cette logique de bottom-up, les différents acteurs de la transition doivent être accompagnés pour y parvenir.
C’est dans ce contexte que les chercheurs ont un rôle à jouer, dans l’accompagnement aux changements vers la transition socio-écologique. La recherche opérationnalisant le DD doit s’inscrire dans une perspective transdisciplinaire (c'est-à-dire interdisciplinaire, intersectorielle et au-delà du milieu universitaire) en lien étroit avec les attentes et les problématiques de terrain. Pour cela, les partenariats entre les acteurs du milieu universitaire, du secteur privé, public, sans but lucratif et citoyen sont des modèles collaboratifs à privilégier. Or, les collaborations multipartites sont souvent difficiles à pérenniser et soulèvent de nombreuses questions sur les méthodes de collaboration. La mise en lumière des partenariats recherche-entreprise-gouvernement-société menés au Québec et en France sur des problématiques communes permet non seulement de montrer le caractère fédérateur de ces problématiques, mais, au-delà, d’apprendre collectivement à opérationnaliser la transition socio-écologique.
Les deux journées visent à montrer l’importance et les défis associés à la coconstruction de projets de société en développement durable vers la transition socio-écologique. De plus, les dialogues entre les disciplines et au-delà des frontières que nous souhaitons mettre en place avant, pendant et après le colloque susciteront très certainement des échanges fructueux et permettront le dépassement de certains clivages scientifiques et institutionnels.
La dimension internationale de ce colloque offre également de nouvelles perspectives de collaborations entre les laboratoires de recherches québécois et français sur ces problématiques universelles. Des partenariats intersectoriels pourront également émerger ou être consolidés.