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Martin Lalonde : UQAM - Université du Québec à Montréal
Les périphériques informatiques mobiles combinés aux applications sociales utilisées sur Internet sont à l'origine du déploiement de nouveaux codes de communication employés au quotidien par la jeunesse contemporaine au sein d'une vaste culture numérique de l'image (Lachance, 2013). Cette communication présente des résultats d'une recherche qualitative sur les processus de représentation identitaire d'un groupe d'adolescents de 16 à 20 ans ayant collaboré à une communauté mobile de création artistique numérique. En nous appuyant sur le concept d'hybridité spatiale et sur celui des nouvelles littératies médiatiques multimodales (Lebrun, Lacelle et Boutin, 2013), nous avons exploré comment des adolescents se sont réunis par le biais des réseaux sociaux mobiles pour échanger des représentations au sujet de leur identité ainsi que des environnements sociaux qu'ils habitent. Parmi les résultats de cette étude, nous constatons que les jeunes ont parfois tendance à se référer à des expériences affectives qu'ils documentent à travers des pratiques multimodales pour définir les contextes qu'ils investissent. Ce sont souvent les particularités esthétiques et sémantiques de la somme de ces représentations qui constituent les bases de leur profil identitaire. Établissant une certaine conception partagée du beau, ces jeunes en viennent à élaborer des formes de littératies particulières qui définissent leur regroupement et à travers lesquelles se déploie leur propre tableau identitaire.
Aujourd’hui, l’hybridation et la multimodalité sont privilégiées par nombre de créateurs, dont certains jeunes, qui détournent les fonctions utilitaires des médias et créent de nouvelles formes d’expression. Malgré l’importance de cette tendance, peu de recherches se penchent sur la manière de réinvestir ce type de pratiques dans l’enseignement des arts et des langues. En croisant des éléments provenant d’un ou de plusieurs ensembles (domaines, disciplines, modes, médias, genres, styles, etc.), l’hybridation produit des pratiques qui brouillent les catégories usuelles (Berthet, 2002; Couchot, 2013; Fourmentraux, 2014; Molinet, 2012; Rancière, 2000). Quant à la multimodalité, elle transforme la réception et la production de sens médiatisé lorsque sont mobilisées concomitamment, en contexte réel de communication, des ressources sémiotiques variées issues d’un vaste éventail culturel de modes de représentation, parmi lesquels figurent l’image, l’écriture, le son, le geste, la parole (Buckingham, 2003; Halliday, 1978; Jewitt, 2009; Kress, 2010; Van Leeuwen, 2005). Dans les pratiques de création de certains jeunes et celles d’artistes et d’auteurs actuels, les allers-retours entre réception et création, entre formel et informel ou entre analogique et numérique donnent lieu à la manipulation de modes sémiotiques sur différents supports et dans divers contextes pour créer du sens par des processus et des formes constamment renouvelés. Des études préliminaires relèvent le besoin d’analyser ces pratiques pour mieux les comprendre, mais aussi de redéfinir les notions de création et de réception en fonction de ces pratiques afin de développer des stratégies pédagogiques susceptibles de favoriser la création-réception hybride ou multimodale en arts et en langues (Richard et Lacelle, 2014).
Ce colloque s’intéresse précisément aux retombées de telles recherches sur l’enseignement et l’apprentissage, principalement dans le domaine des arts et dans celui des langues.
Thème du colloque :