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Une économie collaborative au service de la collectivité : comment l'économie sociale peut-elle se réapproprier l'économie du partage?

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Luc Audebrand : Université Laval

Résumé de la communication

L'économie du partage est-elle une innovation sociale ou une régression alarmante ? Ses promoteurs la décrivent comme un modèle efficace dont l'accessibilité profite autant aux utilisateurs-consommateurs qu'aux producteurs-travailleurs qui, de surcroit, profiteraient de la flexibilité d'un mode de vie et de travail moins contraignant. On souligne aussi la qualité de ses services, sa durabilité et sa capacité à renforcer l'esprit de communauté.

Pourtant, les critiques accusent ces valeurs de n'être qu'un stratagème marketing («sharewashing») qui camoufle les pratiques et priorités cupides typiques des entreprises capitalistes. D'autres reprochent à certaines de ces entreprises d'exploiter leurs travailleurs, de concentrer la richesse au sein de monopoles multinationaux, d'évasion fiscale, de pratiques illégales, etc. Certains détracteurs proposent le boycott pur et simple de multinationales controversées comme Uber et Airbnb.

Notre objectif consiste à démontrer que les plateformes de l'économie du partage sont des innovations pouvant être mises au service de la collectivité. Déjà, des plateformes coopératives et communautaires confèrent la propriété, la gouvernance et les bénéfices aux utilisateurs ainsi qu'à la communauté. Ces alternatives peuvent devenir des espaces de co-construction entre acteurs propices à la réflexion collective de nouvelles voies de développement. La question est de savoir comment l'économie sociale peut se réapproprier l'économie du partage ?

Résumé du colloque

L’innovation sociale ne peut être reconnue et codifiée en recherche qu’avec le concours des acteurs mêmes de l’innovation sociale. C’est ce qui a mené le Centre de recherche sur les innovations sociales (CRISES) et le Centre interdisciplinaire de recherche et d’information sur les entreprises collectives (CIRIEC-Canada) à concevoir et à mettre en œuvre des programmes de recherche en partenariat avec des acteurs et des milieux novateurs sur les plans économique, social et territorial. S’en dégage un modèle de recherche qui vise à faire connaître et reconnaître les acteurs innovateurs ainsi que les innovations sociales générées dans les entreprises d’économie sociale, dans les instances et entreprises publiques, dans les milieux syndicaux ou au sein des collectivités territoriales, dont les activités sont tournées vers l’intérêt collectif et général. Diverses recherches partenariales ont mis en lumière des expériences qui ont entraîné des arrangements institutionnels et des modalités de gouvernance allant dans le sens d’une économie, voire d’une société plus sociale et solidaire, dans le sens global du terme. Or, ce modèle de recherche exige aussi une distance critique favorisant la théorisation sur les trajectoires et processus qui expliquent ces expériences, sur les facteurs qui jouent dans leur diffusion et sur les transformations qu’elles provoquent. Que nous apprend la recherche sur les innovations sociales relativement aux approches méthodologiques susceptibles de générer des résultats en phase avec l’intérêt général? Quelles sont les caractéristiques des approches méthodologiques développées à cet égard? Existe-t-il des enjeux et des défis spécifiques lorsqu’il s’agit pour la recherche de concilier intérêt particulier, intérêt collectif et intérêt général? Comment ces approches peuvent-elles être prolongées pour s’intéresser à de nouvelles grappes d’innovations sociales? Voilà des questions qui orienteront les participants à cette activité d'« enjeu de la recherche » lors des discussions qui auront lieu dans le cadre des plénières et des ateliers.

Contexte

section icon Thème du congrès 2016 (84e édition) :
Points de rencontre
section icon Date : 10 mai 2016

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